
Pas de bousculade pour découvrir les nouveaux billets en euros. Et on était plutôt serein, hier, devant les distributeurs. René prenait la chose avec un certain enthousiasme et sans aucune inquiétude : « J'ai limité mes retraits hier pour pouvoir basculer plus rapidement sur l'euro. » Déjà familiarisé avec cette nouvelle monnaie grâce à une formation dans son entreprise, il se rappelle, amusé, « avoir corrigé les erreurs de la formatrice ». Une jeune fille à la gare, qui s'apprête à partir en République Tchèque, appréhende un peu plus. « C'est un peu perturbant surtout avant un départ à l'étranger où il faudra que je change encore de monnaie, mais elle ajoute, cherchant semble-t-il à se rassurer, je me suis quand même entraînée toute la semaine dernière avec mon convertisseur. » Marlène, elle, regrette amèrement le franc auquel elle était restée affectivement attachée. « Le franc c'est un patrimoine qu'on perd.»
Grève ce mercredi
Certains distributeurs ne distribuaient toujours pas de billet en euros hier, mais la plupart semblent avoir passé le pas. La Caisse d'épargne indiquait hier après-midi que tous les siens distribuaient la nouvelle monnaie. Une simulation opérée dans une des agences de l'Écureuil dans la périphérie rennaise a démontré que toutes les opérations habituelles seraient possibles dès aujourd'hui dans son réseau. La Poste, de son côté, a alimenté ses 44 distributeurs en billets de 10 € et 20 €.
Reste une inconnue, l'impact qu'aura le mot d'ordre de grève lancé dans la plupart des banques par certains syndicats qui réclament une meilleure rémunération de l'effort lié à l'euro.