Nicolas Joly veut installer le FN à Rennes
Nicolas Joly, à droite, en compagnie de son directeur de campagne Mickaël Thérin.
Candidat du Front National aux municipales, Nicolas Joly veut réussir à installerce parti dans une ville où ses scores ne sont jamais très élevés.
Âgé de 22 ans, Nicolas Joly, est originaire de la région nantaise. Étudiant en licence de lettres anciennes, il est arrivé à Rennes en septembre dernier. Il conduira la liste du Front National, un parti auquel il a adhéré en 2002. Accompagné de Mickaël Thérin, son directeur de campagne, il revient sur les ambitions du FN lors de cette campagne.Rennes et la Bretagne ne sont pas des terres fertiles pour le FN. Est-ce difficile d'exister ?Depuis que Patrick Le Guillou a pris la présidence du parti en Ille-et-Vilaine, le FN se porte beaucoup mieux. La section départementale se montre très dynamique. Il a tout reconstruit avec Loïc Lemarinier, responsable du FNJ. Nous pouvons compter sur pas mal d'adhérents dont environ 125 militants à Rennes. Ce n'est pas rien. Des actions sont menées, comme récemment la venue de Marine Le Pen ou encore dimanche prochain avec Carl Lang.Néanmoins, il se pourrait que vous soyez le seul candidat aux municipales en Ille-et-Vilaine...C'est possible, en effet. L'Ouest n'est pas une région facile, mais c'est une terre à travailler. J'avais participé à la campagne des législatives à Nantes et malgré un gros boulot, nos résultats avaient été décevants. C'est difficile, mais nous ne sommes pas démobilisés pour autant. Peut-être que l'Ouest est moins touché par les problèmes d'immigration ou par les conséquences de la politique européenne. Au cours des dernières municipales, aucun maire d'Ille-et-Vilaine n'avait osé apporter sa signature à Jean-Marie Le Pen. Par peur des représailles, notamment en matière de subventions.N'est-ce pas difficile de rester motivé dans ces conditions ?Non car on a désormais un leader en Ille-et-Vilaine avec Patrick Le Guillou. On est vraiment reparti de rien, avec une volonté de mettre des jeunes en avant. C'est pourquoi notre liste est conduite par un étudiant de 22 ans, avec beaucoup de jeunes aux premières places. Une dynamique s'installe. N'oublions pas que le Front National de la Jeunesse a été créé en Bretagne.Votre jeunesse serait donc un atout ?Effectivement, car il y en a marre des vieux briscards de la politique. Daniel Delaveau était maire de Saint-Jacques-de-la-Lande depuis des années. Il n'est pas neuf. À droite, c'est un peu tendu entre Karim Boudjema, désigné par Paris, et Loïck Le Brun. Dans un tel contexte, le Front National a tout à fait sa place dans cette élection. C'est un peu magouillages et compagnie.Un peu étonnant tout de même de vous retrouver tête de liste alors que vous venez seulement d'arriver à Rennes...Au départ, un autre candidat avait été désigné, mais après avoir subi des pressions, il a préféré renoncer. J'étais un militant FN à Nantes et on m'a proposé de prendre la relève. J'ai accepté et j'assume parfaitement. Rennes et Nantes sont deux villes qui se ressemblent, tant sociologiquement que dans le jeu politique.Est-ce une candidature de témoignage pour véhiculer localement les thèmes chers au Front National ?Pas seulement. Le FN n'est pas toujours présent aux municipales dans cette ville (NDLR : Brigitte Neveu était candidate en 2001). Le dernier élu de notre parti, c'était en 1983. Notre premier objectif est d'être présent pour témoigner de la reconstruction de notre appareil militant. Désormais, nous partons à la conquête de sièges pour faire vivre nos idées.Que proposez-vous pour Rennes ?Je n'imagine pas être maire dans quelques semaines, mais faire entrer des conseillers du Front National à la mairie pour faire entendre la voix des gens qui galèrent. Nous allons proposer un programme aux Rennais avec de vrais projets locaux en matière de logement, de transport ou encore de sécurité. Bien sûr que les thèses du FN nous animent, mais on les adapte aux compétences d'un maire.Où en êtes-vous de la constitution de votre liste ? Êtes-vous sûr de réunir tous les noms nécessaires ?Cela avance doucement. C'est vrai que le fait que la liste soit publique ne nous arrange pas, car beaucoup de personnes ont peur de représailles. Nous menons un gros travail de persuasion car pas mal de gens sont d'accord avec nous. Il y a aussi la loi sur la parité qui est un obstacle supplémentaire. Les modes de scrutins ne nous arrangent pas et sont faits pour nous barrer la route.Propos recueillis parÉdouard REIS-CARONA.
Ouest-France