« Je comprends que des jeunes aient besoin d'un toit et squattent cette maison. Mais pas qu'ils nous empêchent de dormir plusieurs nuits par semaine, ce n'est plus possible. »Domiciliée dans un appartement situé rue des Polieux, Anne n'en peut plus.
« Du jeudi soir au dimanche matin, c'est de la musique techno toutes les nuits et des hurlements. Même avec des boules Quiès, on n'arrive pas à dormir ! »De son balcon, elle montre le squat : une belle bâtisse en pierres à laquelle sont accolés plusieurs hangars. Une propriété située rue Lénée acquise en juin dernier par le promoteur Arch Immobilier qui compte la détruire pour y construire un immeuble ! Des squatters l'investissent en juillet.
Et Anne n'est pas la seule à se plaindre.
« Depuis le mois d'octobre, le week-end, ils se retrouvent à 300 ou 400 personnes dans ce squat,
» résume Michèle.
« Ils font payer l'entrée et les consommations à l'intérieur. On ne peut que supporter le bruit et toutes les nuisances. Des trottoirs jonchés de débris de bouteilles. Des urines et des excréments dans les porches des immeubles...
Des gens qui rentrent et qui sortent de ce squat complètement ivres, des bagarres sous nos fenêtres...
» Elle avoue avoir peur. En clair, une véritable boîte de nuit officieuse en plein centre-ville.
A la demande des riverains, des policiers se rendent sur place le 21 novembre. Le procès-verbal qu'ils dressent est assez édifiant. Ils rencontrent la « responsable » du squat qui somme les policiers
« de quitter sa résidence principale jusqu'au 18 décembre ! »Et effectivement, une décision de justice du tribunal d'instance de Rennes donne deux mois aux squatters pour évacuer les lieux. Jusqu'au 18 décembre. La « locataire » admet
« recevoir chaque soir, le week-end, entre 300 et 400 personnes » ainsi que disposer d'un groupe électrogène
« pour alimenter le matériel hi-fi ainsi que les pompes à bière ! » De quoi rendre jaloux les autres boîtes de nuit rennaises soumises à l'obligation de posséder des licences pour vendre de l'alcool, d'être aux normes de sécurité et de déclarer leurs revenus !
Insalubrité
Les policiers relèveront aussi la présence aux abords du squat
« de personnes très agressives, de canettes de bière jonchant le sol, posés sur les capots des voitures aux rétroviseurs brisés, de monticules de sacs poubelles fortement odorants présentant une gêne à la circulation...
Les abords du squat sur la voie publique deviennent donc insalubres. » Les policiers remarquent même la présence de rats.
Autant de facteurs mettant les riverains en colère.
« Et ça fait deux mois que ça dure », déplore Jean-Jacques qui a multiplié les courriers à la mairie, au promoteur, à la préfecture et à la police.
« Tout le monde se renvoie la balle et les squatters continuent en toute impunité à importuner tout un quartier. »De son côté, le promoteur immobilier avoue son impuissance.
« Nous avons engagé une procédure devant le tribunal pour demander l'exclusion des squatters. Le tribunal leur a accordé un délai de deux mois. Nous ne pouvons pas faire plus. »
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