Michel Rondouin, technicien forestier, et Tania Sahry, chargée de mission, avec deux petits cormiers. Une espèce que le Conservatoire national de la biodiversité forestière souhaite recenser pour la protéger. : Ouest-FrancePas d'éprouvette ou de microscope à l'horizon. Juste des arbres à perte de vue. Une bibliothèque végétale sur 18 ha. Avec plusieurs dizaines de milliers d'espèces. Des chênes, des frênes, des hêtres, des saules, des peupliers...
Ça ressemble à ça, un conservatoire de la biodiversité. Il en existe quatre en France : en Provence, dans le Limousin, en Corse... et, ici, à Guémené-Penfao, près de Redon. Ils dépendent tous du ministère de l'Agriculture.
« Pas de manipulation »
Depuis 1968, l'immense terrain qui borde le Don accueille des espèces végétales. D'abord pépinière d'État, le Conservatoire a vu sa mission évoluer au fil des années. « Depuis 4-5 ans, nous travaillons uniquement sur l'expérimentation et la conservation », explique Michel Rondouin.
Des photocopiesen plein champ
Il est technicien forestier. Pas en blouse blanche, plutôt en jeans et en bottes. « Ici, on étudie la sélection génétique, on ne fait pas de manipulation. C'est de la recherche appliquée. » Comme lui, ils sont une dizaine de techniciens et d'ouvriers à ausculter les arbres. Pour évaluer ceux qui pourront ou pas résister au changement climatique.
Mais faut-il s'inquiéter ? Après tout, le réchauffement, on ne le sent pas vraiment au quotidien. « Regardez cet eucalyptus. Il y a vingt ans, il n'aurait jamais passé un hiver ici, observe Michel Rondouin. Aujourd'hui, il a atteint une sacrée taille. »
À Guémené, ils conservent ainsi des photocopies génétiques de divers arbres. Pas dans un tiroir, mais directement dans un champ. « C'est une immense base de données », lance Tania Sahry, chargée de mission.
Elle s'occupe de l'opération « Essaimons les arbres », lancée sur les Pays de Redon et Vilaine. Car tout ce patrimoine n'est pas destiné à rester sous cloche. Au contraire. Le Conservatoire cherche à réintroduire des espèces locales en voie de disparition.
Recenser les cormiers
Dernière opération en date, l'inventaire des cormiers sur le massif armoricain (Bretagne et Pays de la Loire). Une étude menée en lien avec l'Inra. « Cette espèce n'est pas auto-féconde. Et comme il ne reste souvent que des arbres isolés, elle risque de disparaître », note Michel Rondouin.
Intérêt ? Le cormier peut très bien s'adapter à la sécheresse. Et son bois, très dur, trouvera aisément des débouchés économiques. Pour mener à bien cette mission, le Conservatoire a décidé de lancer une nouvelle méthode : l'appel à la population. « Pour repérer tous les cormiers sauvages de plus de 20 cm de diamètre. »
À terme, le Conservatoire compte ainsi récupérer une partie de l'arbre pour pratiquer un bouturage ou un greffage. De quoi enrichir les rayons de sa bibliothèque à ciel ouvert avant que ces arbres n'aillent rhabiller la nature.
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de passage dans la région, nous y sommes rendus ; tres bonne cuisine raffinées, bon rapport...

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