Le budget de la Ville, voté samedi, pèse 484 M€
L'équipe d'Edmond Hervé présente, demain, le dernier budget de sa mandature. Un budget marqué par un fort investissement.
« Un budget solide, entreprenant et qui correspond à une dimension dynamique et à une certaine forme de solidarité. » Voilà comment Pierrick Massiot, 1er adjoint au maire, chargé des finances, définit le budget 2008 de la mandature d'Edmond Hervé (484 M€). Un budget que le grand argentier de la Ville va défendre devant l'opposition municipale, samedi matin. Explication de Pierrick Massiot.
Pourquoi ce budget est-il solide ? « Parce que les fondamentaux sont bons. Et ils le sont depuis longtemps. C'est-à-dire un endettement maîtrisé et modéré, un autofinancement qui reste extrêmement puissant, une fiscalité comparable à toutes les grandes agglomérations nous ressemblant et un fonctionnement géré au plus près dans la durée. Sur les trois dernières années, l'évolution de notre budget de fonctionnement tourne autour de 2 %. Soit très peu au-dessus de l'inflation. »
Plus de 2 % d'augmentation. « Le budget primitif 2008 connaît une évolution d'un peu plus de 2 % par rapport aux chiffres de 2007 : 474 M€. Je dis budget solide parce que 484 millions dont 440 pour le budget principal, ce n'est pas rien !
Dans ce budget principal, le point important, c'est l'investissement parce que nous sommes, comme toujours dans les villes en fin de mandat dans de forts investissements. Mais notre investissement est à peu près comparable à ce qu'il a été en moyenne sur les six dernières années. On est, en moyenne, à 85 M€ par an, mandatés aux entreprises. Une ville comme Lille, par exemple, envisage, pour le prochain mandat, de passer son investissement à 80 M€ alors qu'il a été de 65 M€, en moyenne, lors de la mandature qui s'achève. Ce qui prouve que nous nous situons plus que bien. »
L'investissement. « Il est réparti dans les quartiers, dans les secteurs d'activités : les espaces publics, la culture, la culture, justement : le Liberté, en centre-ville, c'est vrai, mais aussi le Garage Beauregard en voie d'achèvement à Villejean ; la médiathèque Lucien-Rose, près du Thabor ; le TNB, à Saint-Hélier, qui va encore peser sur 2008.
« En matière sportive : la piscine de Bréquigny, plus de 3 M€ de mise aux normes, l'amélioration des vestiaires dans divers locaux sportifs, la piscine des Gayeulles, l'éco-centre de la Taupinais.
« Dans le domaine social : l'espace social commun des Champs-Manceaux démarre, la crèche Beauregard, le nouvel équipement de quartier à Mac-Mahon, les travaux de mise aux normes et d'aménagement de salles après le départ du musée de Bretagne, le réaménagement de la partie est du mail Mitterrand auxquels s'ajoutent tous les travaux dans les ZAC. »
Le poids de la dette. « En 1977, le montant des charges de la dette, en intérêts, était de 20 millions d'euros. En 2006, il était de 5. La dette pesait extrêmement lourd dans le dernier budget qu'a trouvé Edmond Hervé. Beaucoup de villes, je pense à Nantes, par exemple, ont leurs budgets plombés par l'endettement. » À Rennes la dette représente 749 € par habitant, moins que Nantes (1 219) ou Caen (929).
Frais de personnel. « L'évolution n'est pas négligeable du fait de l'ouverture de la crèche de Beauregard. Les frais de personnel représentent 58 % du budget de fonctionnement soit 140 millions. L'effectif au 1er janvier 2008 est de 4 649 contre 4 631 un an plus tôt.
« Mais, néanmoins, nous maintenons l'évolution de nos dépenses autour de 2 %. À supposer que les arbitrages nationaux ne viennent pas bousculer cette gestion en cours d'année. »
Fiscalité. « On ne bouge pas. Je prends toujours cet exemple d'un ménage avec un enfant habitant un appartement de 70 m2. Le poids de la fiscalité 2007 entre l'ensemble des villes de 100 000 à 300 000 habitants, Rennes est à 489 € pour une moyenne de 492 €. Ce qui montre une situation correcte eu égard au service rendu. Car il est bien de comparer les villes sur le poids de l'impôt mais à condition de comparer aussi les services rendus. Des villes, par exemple, ne font pas de crèches ou très peu. Or, les crèches coûtent une fortune. »
Taxe professionnelle. « En 2008, tout d'abord, Rennes Métropole ne bouge pas. Depuis la création de la fiscalité additionnelle, l'an dernier, tout est figé. Le taux de la taxe professionnelle est en dessous de la moyenne nationale pour les villes de 100 000 à 300 000 habitants : 17,40 % pour 17,88 %. »
Exonérations. « Le nombre de foyers qui bénéficient soit d'exonération soit de dégrèvement de la taxe d'habitation s'élève à 66 373 : 18 279 exonérations et 48 094 dégrèvements. »
Un horizon en demi-teinte. « Malgré les inquiétudes que l'on peut avoir sur l'avenir de nos recettes puisque, plus cela va, plus elles sont conditionnées par les décisions de l'État, on en n'a plus la maîtrise. Si nous n'avions pas cette inquiétude, je dirais que l'équipe qui va prendre les affaires en mars va trouver un bilan qui lui conservera des marches de manoeuvre.
« Mais ces marges, elle pourra les utiliser plus ou moins longtemps en fonction de ce qui se passera au plan national : réforme de la fiscalité locale, réforme des dotations aux collectivités sont des questions qui sont sans réponse, aujourd'hui. »
Les différents groupes politiques du conseil municipal auront tout loisir de commenter ce budget tout au long de la séance budgétaire.
Pratique. Ouverture des débats, samedi, à 9 h, dans la salle du conseil municipal de l'hôtel de ville (entrée par le péristyle sud)
Ouest-France