Hier soir, la ministre de la Culture et de la Communication était à Rennes. Une poignée de manifestants, tenue à l'écart, l'attendait. Cela n'a pas empêché Christine Albanel de visiter pendant plus d'une heure le Théâtre national de Bretagne. Elle a pu admirer les salles de spectacles entièrement refaites. Dans son discours, elle a rendu un hommage appuyé à la ville de Rennes « toujours très inventive », au TNB, ainsi qu'à son festival européen de théâtre Mettre en scène. Elle a souligné par ailleurs que la subvention de son ministère est « l'une des plus importantes allouées à un Centre dramatique national ».
Objectif : 13 000 abonnés
Le Théâtre national de Bretagne dispose désormais d'un équipement particulièrement attractif. Trois ans de travaux ont rafraîchi la façade de l'ancienne Maison de la culture, ouverte en 1968, ce grand bâtiment qui ondule, à l'entrée de la rue Saint-Hélier. Mais le plus spectaculaire est à l'intérieur. Le balcon de la grande salle Vilar a sauté, la pente de ses gradins a été accentuée, rapprochant ainsi les 924 fauteuils de la scène, à la manière d'un théâtre antique. A côté, la salle Serreau (260 places) gagne aussi en confort. En sous-sol, une salle de 120 places, qui porte le nom de Guy-Parigot, le pionnier de la Comédie de l'Ouest, décédé l'an dernier, abritera les répétitions des jeunes comédiens de l'école de théâtre du TNB et s'ouvrira au public, à l'occasion de festivals. Plus haut, au troisième étage, deux salles sont dédiées au cinéma art et essai : la grande de 480 places, elle aussi rénovée, et une petite de 92 places, créée de toutes pièces.
Fini le « nomadisme ». Depuis trois ans, la programmation du TNB est éclatée, trouve refuge dans d'autres salles rennaises. Pas toujours évident de s'y retrouver. «Nos abonnés les plus âgés avaient hâte que nous revenions dans nos murs», reconnaît François Le Pillouër, le directeur du TNB. Malgré un public de 26 ans de moyenne d'âge, le théâtre rennais n'a pas échappé à l'érosion. De 10 000, il y a trois ans, le nombre d'abonnés est tombé à 8 500.
En vidéo : visite guidée du TNB. Le TNB, nouvelle génération, ne se contentera pas d'une remise à niveau. «À terme, l'objectif est d'atteindre les 13000 abonnés et donc, les 120000 spectateurs par an contre 95000, il y a trois ans.» Le TNB, dont le budget annuel est de 11 millions d'euros (dont 3 millions de recettes, 3,1 millions de subvention de l'État et 2,9 millions de la ville de Rennes), peut désormais programmer davantage de spectacles. «Et recevoir, dans de meilleures conditions, nos amis européens», ajoute François Le Pillouër.
La chorégraphe allemande Sasha Waltz et son collègue belge Sidi Larbi Cherkaoui seront parmi les premiers à fouler la scène de la salle Vilar, à partir du mois prochain. Tout comme le metteur en scène berlinois, Thomas Ostermeïer qui, après avoir présenté Hedda Gabler, d'Ibsen, en avril, reviendra à Rennes, en décembre, créer son prochain spectacle, après quinze jours de résidence.
À Rennes les spectacles venus d'ailleurs ont droit de cité. Il suffit pour s'en convaincre de rappeler le triomphe la semaine dernière d'Ivanov de Tchekov made in Budapest. Une ovation à tout rompre. Un public qui exulte... Après trois heures d'une pièce de théâtre, en hongrois surtitré, ce n'était pas gagné d'avance. Mais ici, le public est habitué à voir défiler le gratin européen en théâtre et en danse. Le TNB s'affranchit régulièrement des barrières culturelles et linguistiques.
Benoit LE BRETON.
Le TNB ouvre ses portes au public, ces samedi, de 10 h à 18 h, et dimanche, de 10 h à 15 h.
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