La rivière a été vidée lundi matin pour réaliser des travaux nécessaires pour la sécurité des usagers. Les animaux en ont fait les frais, au grand dam des habitants du quartier qui ont assisté à leur agonie. : Alexandre JAILLONPlusieurs familles ont assisté à l'assèchement de la rivière. Les poissons, gros et petits, remuaient dans les nénuphars qui recouvrent la surface de l'eau avant de commencer une longue agonie. Hier encore, on pouvait distinguer des alevins, des goujons ou des ablettes nager dans les mares qui subsistent. D'autres, l'oeil vitreux, sont restés collés au fond de la rivière. Une quinzaine de couvées de canetons a été noyée. Stéphane Hiéblemont a failli sauter dans la boue pour les sauver. Mais à quoi bon ?... Une pluie de coups de fil s'est abattue lundi et hier sur les services responsables de l'opération.
« Obligatoires pour la sécurité »
En réalité, l'opération était prévue depuis longtemps. La subdivision de la navigation de l'Equipement, en charge des cours d'eau du département, devait, cet hiver, effectuer des travaux de sécurité nécessitant l'assèchement du cours d'eau. Ce qui n'a pas pu être fait à cause d'une trop forte montée des eaux. Les techniciens ont dû reporter leur intervention. Ils ont commencé le chantier lundi, mais ont dû l'interrompre en raison des fortes précipitations : il y avait trop d'eau en amont et en aval. « Il est tombé entre 40 et 80 mm de pluie sur le secteur concerné dans la journée, ce que nous n'avions pas prévu », précise Joseph Gasnier, responsable de la subdivision navigation à la DDE.
Ce n'est que partie remise. Les travaux auront lieu dans la deuxième quinzaine de septembre. « Ils devront durer plusieurs jours. Ces travaux sont obligatoires pour la sécurité », poursuit le technicien. Chaque fois, les usagers de la rivière sont prévenus plusieurs semaines à l'avance, surtout ceux qui naviguent en aval, pour éviter les mauvaises surprises. La rivière devrait retrouver son lit dans une semaine.
Le malaise subsiste chez les riverains. Une retraitée s'interroge encore : « Ca commence déjà à sentir la putréfaction, s'indigne-t-elle. Quand il fera chaud, ça va être terrible. » D'autres ne comprennent pas que l'eau ait été vidée alors que les canes élevaient encore leur couvée. « On dira ce qu'on voudra mais ce n'est pas l'époque pour faire ça, grogne Stéphane Hiéblemont. On parle d'environnement mais on n'est pas foutu de respecter le biotope en pleine ville. C'est terrible non · »
Serge LE LUYER.

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