Le vol Rennes-Marseille de dimanche a tourné à la galère pour les passagers qui sont restés cloués au sol. : Archives OF« Normalement, nous aurions dû arriver à Marseille dimanche vers 20 h. Finalement, je suis arrivé lundi vers 13 h... Ce n'est pas sérieux ! Et ce n'est pas la première fois que cela arrive. » Ce patron rennais n'était pas content en arrivant à l'aéroport de Marignane, hier. Comme les 42 autres passagers du vol 5912, il a dû prendre son mal en patience. L'avion de la compagnie Brit Air, qui devait décoller de l'aéroport de Saint-Jacques-de-la-Lande à 18 h 35, est resté cloué sur le tarmac breton pour un problème technique. Les passagers en ont été pour une nuit à Rennes !
La compagnie morlaisienne, qui appartient au groupe Air France, assure la liaison Rennes-Marseille trois fois par jour en semaine, une fois le samedi et une fois le dimanche. « Dimanche, nous ne proposions donc qu'un vol, celui de 18 h 35. Il était donc difficile de reporter et de re-router les passagers sur un vol suivant, » expliquait-on, hier, au siège de Brit Air, à Morlaix.
En général, en semaine, les passagers qui restent en rade pour des problèmes techniques peuvent être re-router sur des vols à destination de Charles de Gaulle, puis Marseille. « Mais, dimanche, le Charles de Gaulle-Marseille était également complet, poursuit la compagnie aérienne. Il était donc inutile de transférer les passagers au départ de Rennes vers Paris pour les faire attendre là-bas. Nous leur avons donc proposé un hébergement à Rennes avant le départ, ce matin, sur le premier Rennes-Marseille. » Mais cet avion était... complet !
Certains passagers ont donc passé la nuit à l'hôtel, les Rennais, eux, sont rentrés chez eux en bénéficiant des services d'un taxi... « qui est arrivé le matin avec plus d'une demi-heure de retard, enchaîne le chef d'entreprise mécontent. On nous a fait venir à 5 h 45 du matin pour nous annoncer que finalement, il n'y aurait pas non plus d'avion à 6 h 40. Il fallait donc qu'on passe par Lyon, en prenant le vol de 10 h 50 ! Et pour faire passer la pilule, on a eu le droit à un mauvais croissant et un café dans un hall où il n'y avait même pas une table pour travailler. Rennes a refait son aérogare mais il n'y a pas d'accueil. »
« Pas de chance... »
Brit Air qualifie l'incident rennais de « coup de pas de chance ». Et reconnaît même que Rennes, ces temps derniers, a été touché par des « pannes techniques » sur plusieurs avions au point de les empêcher de partir. « Habituellement, en semaine, on arrive à trouver un autre avion. L'opération est transparente pour le passager. Or, dimanche, en plus, il n'y avait qu'un seul vol et pas de possibilité de remplacer l'avion ou d'en affréter un auprès d'une autre compagnie. »
Des désagréments qui passent mal, d'autant plus que de plus en plus de clients se plaignent de la disparition depuis le 30 mars de la ligne Rennes-Orly ; l'aéroport parisien disposant de nombreuses correspondances sur la France entière. Même si la compagnie a prévu de renforcer les vols vers Paris-Charles de Gaulle et Lyon, ses deux autres plates-formes de correspondance, pour compenser l'arrêt de cette desserte, pour l'instant le compte n'y est pas.
« Il y a une dégradation de l'offre, regrette ce client. Il est de plus en plus difficile de travailler en France en habitant Rennes. Dans l'avion dimanche, il y avait un chirurgien qui devait opérer lundi matin à Marseille. Il n'a pas pu. Prendre l'avion devient trop aléatoire. Personnellement, je prendrai désormais le TGV le dimanche soir... »

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