« Le corps gisait dans une flaque de sang, devant la porte d'entrée d'un garage souterrain. C'était un jeune homme torse nu et sanschaussures ».Lundi 17 novembre, vers 7h30. Des ouvriers se rendent sur le chantier d'un immeuble en construction, dans une rue proche du centre-ville de Rennes, près du mail François-Mitterrand. Et découvrent le jeune homme grièvement blessé (lire
Ouest-France du mardi 18novembre).
Il n'a pas de papiers sur lui. Mais, dès le lendemain, les policiers l'identifient. Il s'agit de Jérémy Allard, 20 ans, originaire de Villaines-la-Juhel, en Mayenne, étudiant en BTS de commerce, à Rennes.
Le 17, au matin, il est immédiatement pris en charge par le Samu et transporté, dans un état critique, au CHU de Pontchaillou. Le jeune homme se trouve en hypothermie, et sa tête porte la trace de nombreux coups. Plongé dans le coma, il décédera, dimanche 23 novembre, au CHU. Sans avoir repris connaissance?
« En tout cas, sans avoir pu être entendu par les policiers, son état ne le permettait pas », confirme le parquet de Rennes.
Un squat très fréquenté
L'autopsie pratiquée mardi, au CHR de Pontchaillou, conclut que Jérémy Allard aurait succombé à des blessures au crâne, qui ne seraient pas dues à une chute. L'étudiant aurait été violemment frappé à la tête. Par un ou plusieurs agresseurs? Avec quel objet, à quel endroit précis, à quelle heure et pour quel mobile? C'est ce que la police cherche à savoir.
« La dernière fois que l'on a eu des nouvelles de Jérémy, c'était dimanche matin vers les 4 h 30, explique un de ses amis.
Il sortait d'un squat où il avait passé une partie de la soirée. » Ce squat est situé à quelques centaines de mètres de l'endroit où a été trouvé le corps de Jérémy.
Toutes les fins de semaine, depuis deux mois, entre 200 et 300 jeunes s'y retrouvent avec musique à fond et bière à volonté. Au grand dam des riverains. L'adresse du lieu semble avoir circulé dans la communauté étudiante de Rennes (
lire).
Vingt-sept heures dans son emploi du temps
« Dimanche, on n'a plus eu de n ouvelles de Jérémy, poursuit son ami.
Il n'était pas dans l'appartement où il vit en colocation, il ne répondait pas à son téléphone portable, ni aux messages qu'on lui a laissés. Il n'était pas chez des amis non plus. » Sa famille s'inquiète également. Une absence d'environ 27 heures, qui laisserait supposer qu'il ait été agressé dès dimanche matin. Et ensuite abandonné sur le lieu où il a été retrouvé le lundi matin.
« C'est une rue où il y a plusieurs immeubles en construction. Personne n'y passe le week-end », confiait l'un des ouvriers qui a découvert le corps.
L'enquête préliminaire dirigée par le parquet de Rennes avait débuté pour
« recherche des causes de la mort », une mort pour le moins suspecte.
Ce jeudi matin, le parquet ouvrira une information judiciaire, vraisemblablement pour meurtre. Il peut aussi s'agir de violences volontaires, ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Un juge d'instruction va être saisi. Il devrait aussitôt confier l'enquête à la police judiciaire.
Samuel NOHRA
et Michel TANNEAU.
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