Hier matin, à Chantepie, France Telecom a inauguré un nouveau central téléphonique afin de faire face à l'accroissement de la population. « Ce central est situé en plein coeur d'une nouvelle zone d'habitation, les Rives du Blosne. Pour les résidences les plus proches, le très haut débit, ce sera plein pot ! », s'enthousiasme Ronan L'Helgouac'h, directeur régional de France Telecom.
Seulement, dans ce central pour lequel France Telecom a investi près de 200 000 €, deux autres « opérateurs » y ont déjà installé leurs équipements : Free et Rennes métropole télécom. La loi oblige en effet l'opérateur historique à laisser une place, dans ces centraux, aux autres fournisseurs d'accès à Internet. Et ce, afin que la ligne téléphonique d'un abonné puisse être directement reliée à l'opérateur de son choix. C'est le dégroupage.
Les concurrents pas présents partout
Dans l'immédiat, sur les 48 centraux qui jalonnent les 37 communes de l'agglomération, les concurrents de France Telecom se sont installés dans 24 d'entre eux. Autrement dit : tous les habitants de Rennes métropole ne profitent pas de la concurrence. « Les opérateurs tiers viennent là où ils veulent commercer. Nos centraux peuvent les héberger. Mais généralement, ils s'installent dans les zones les plus peuplées », observe-t-on à France Telecom.
D'où l'actuel projet de Rennes métropole qui, depuis quelques semaines, fait grincer des dents à France Telecom. La collectivité est en effet en train de construire un réseau de fibre optique de 255 km à travers l'agglomération. Ce réseau qui devrait être achevé en mars 2009, sera ensuite loué à tous les fournisseurs d'accès à Internet qui le souhaitent. « C'est une manière de stimuler la concurrence. Quand on habite à Clayes ou au Verger, on a droit aux mêmes services qu'à Rennes ou à Chantepie », indique Bertrand Deloffre, vice-président de Rennes métropole.
Ce réseau de fibre optique va ainsi être directement relié à plus d'une centaine d'établissements d'intérêt général (le site universitaire de Ker Lann, les mairies...) ainsi qu'aux 112 zones d'activité que compte l'agglomération. « Les entreprises pourront donc bénéficier de débits très importants », insiste-t-on à France Telecom.
21,6 millions d'euros d'investissement
Par ailleurs, ce réseau va être raccordé aux 48 centraux de France Telecom. Libre donc, ensuite, aux opérateurs concurrents de proposer leurs offres aux particuliers. Et pour les usagers qui sont trop éloignés des centraux téléphoniques, une offre « haut débit », par le biais de la technologie Wimax, sera possible. L'objectif de Rennes métropole est que tous les habitants de l'agglomération puissent bénéficier d'un débit minimal de 2 méga.
Coût de l'investissement : 21,6 millions d'euros dont 7,4 millions seront financés par des aides publiques.
En coulisses, à France Telecom, certains perçoivent cet investissement comme une subvention accordée aux autres opérateurs. « Notre réseau pourra servir à tous. Y compris à France Telecom », répond-on à Rennes métropole.
Pierrick BAUDAIS.

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