Pouvez-vous nous raconter quand et comment vous avez appris cette nouvelle ?J'étais chez le coiffeur, avec une touffe pas possible quand le téléphone a sonné. C'était un ami qui m'appelait pour me dire que j'étais sélectionné donc j'ai attendu quelques instants et là, il s'est produit une déferlante de messages et d'appels, alors j'ai compris que ce n'était pas une blague. Tout en me faisant coiffer je me suis mis à consulter les messages mais ma batterie m'a lâché (rire). Je sais que ma boîte vocale est saturée depuis.
Vous vous y attendiez ?Non pas du tout parce que, au niveau du club, on ne m'a pas transmis de présélection
(NDLR : le club n'en a jamais reçu pour lui). En fait je m'apprêtais à partir en vacances après le match à Lille. Et là c'est une très bonne surprise.
Vous n'avez donc pas été obligé d'annuler une semaine de vacances ?Non pas du tout. Et, même si c'était le cas, j'échangerais bien deux semaines de vacances contre une semaine en sélection... (rire). Samedi soir, après le match à Lille, je me concentrerai sur les Bleus.
Connaissez-vous Raymond Domenech ?Non pas du tout. Quand j'étais en équipe de France espoirs, il n'était le sélectionneur, c'était René Girard.
Il intègre souvent les jeunes et ne les fait pas forcément jouer...Oui, je sais, mais ce n'est pas un problème. Si je ne joue pas, j'aurais déjà appris, car au contact de grands joueurs on apprend beaucoup. À moi de travailler encore plus pour pouvoir jouer.
Vous le prenez comme une récompense ?Oui, comme une récompense des efforts que j'ai faits, mais aussi du travail que Rennes a fait, car c'est aussi grâce au club et à mes coéquipiers.
Vous êtes passé dans la filière classique des sélections nationales des jeunes et des Espoirs, à quelle échéance pensiez-vous être sélectionné en A ?Pour moi, c'était un objectif à long terme, j'ai tout mis en oeuvre pour y arriver le plus vite possible, mais je m'étais programmé pour après l'Euro 2008. Maintenant que je suis là, je ne vais pas me priver.
Vous semblez avoir beaucoup mûri cette saison ?Oui, peut-être. Mais j'ai joué tout simplement, j'ai accumulé les matchs et la confiance. Et avec la confiance on peut faire de belles choses.
Vous ne serez pas dépaysé à Clairefontaine...Non, c'est vrai que je connais bien puisque j'y ai vécu trois ans avant d'arriver au centre de formation de Rennes, et j'ai fréquenté le centre avec les Espoirs.
Vous allez y retrouver Anelka qui est un de vos modèles.Oui c'est vrai, c'est un joueur que j'ai toujours cité, un modèle pour moi, même si je ne le connais pas vraiment. Je vais évoluer à ses côtés.
Vous êtes la preuve que l'on peut être appelé en équipe de France tout en jouant à Rennes, qui n'est pas un grand club !Oui mais comme je n'y pensais pas à l'équipe de France je ne me suis jamais dit que ça pourrait être un handicap de jouer ici. Maintenant c'est bien, ça montre que tout le monde a sa chance, et qu'il suffit d'être performant. Et puis une autre preuve c'est que Bakary Sagna a aussi été appelé alors qu'il joue à Auxerre.
Avez-vous pensé à quelqu'un au moment où vous avez appris cette nouvelle ?Oui, à ma mère, qui m'a appelé et qui était très fière. Ensuite à ma femme et à ma fille. Puis quand je me faisais coiffer, j'ai aussi pensé à Emmanuel Cueff, l'ancien président. Son rêve était que l'on aille gagner à Nantes, c'est fait, et qu'un joueur rennais soit appelé en équipe de France sous sa présidence, il n'est plus avec nous depuis mais c'est fait aussi.
Recueilli par Jacques GUYADER.• Que vous inspire l'arrivée de Jimmy Briand chez les Bleus ? Réagissez !