« Sans exception, le foot français nous voit en Ligue 2. » Jean-Marc Furlan est lucide sur les chances de maintien en élite accordées à son équipe par tous les observateurs de la Ligue 1. Après avoir tutoyé les sommets - le Racing occupait encore la 6e place du classement au début du mois de novembre -, le club alsacien sombre depuis la mi-février. Durant les deux derniers mois et demi de compétition, il n'a pris que trois points sur les trente mis en jeu, soit neuf défaites en dix matchs. Pire, les coéquipiers du capitaine brésilien Rodrigo restent sur sept revers consécutifs. Une série cauchemardesque jamais vue dans l'histoire du Racing Club de Strasbourg, mais qui n'est toujours pas venu à bout du manager général, ni de son optimisme ou de son positivisme.
« Quand certains regardent notre calendrier et voient nos deux déplacements de suite à Rennes et à Nancy, ils se disent que c'est mort pour Strasbourg. Pas nous, affirme Jean-Marc Furlan. On va peut-être nous prendre pour des fous, mais on pense que notre avenir est en Ligue 1. On sait qu'on peut faire deux victoires et un nul d'ici la fin. Après, on verra où sont les autres. » Les autres, ce sont les concurrents directs pour le maintien, à savoir Toulouse (16e) et Lens (17e), qui comptent seulement trois longueurs d'avance sur le Paris SG (18e) et Strasbourg (19e). De leurs résultats dépendra aussi le sort des Alsaciens.
« Soyez orgueilleux, soyez fiers ! »
En attendant, Jean-Marc Furlan s'est attelé cette semaine à soigner les maux de tête de ses joueurs. « Psychologiquement, ils se sentent humiliés par toutes ces défaites. Pourtant, les dernières à Paris (1-0), contre Monaco (0-2), à Valenciennes (2-0) ou face à Lyon (1-2) sont injustes. Depuis quatre matchs, on est redevenu une équipe compétitive de Ligue 1, ce qu'on n'était plus en février contre Sochaux (0-2) ou Metz (2-3). Notre devoir est d'avoir la foi. J'ai répété aux joueurs : Soyez orgueilleux, soyez fiers ! Aujourd'hui, on est obsédé par l'idée de ne plus prendre de coup de barre. On a une seule chose à faire : aller au combat et gagner à Rennes. »
« Le fond de jeu, mon cheval de bataille. »
Et ne comptez pas sur l'ancien entraîneur de Troyes pour changer de tactique. La saison dernière déjà, avant la réception du Stade Rennais par l'Estac, Furlan avait prôné le beau jeu pour que le club aubois se maintienne en Ligue 1. La relégation et son arrivée en Alsace ne l'ont pas fait changer de philosophie. « Ce qui m'importe avant tout, c'est de gagner des matchs. C'est ça l'oxygène d'un entraîneur. Néanmoins, à mon sens, le fond de jeu est un atout fondamental pour pérenniser un club. C'est mon cheval de bataille. » Un jusqu'au-boutisme qui pourrait conduire son équipe au purgatoire une deuxième saison d'affilée. A moins d'un réveil des joueurs strasbourgeois, demain soir au Stade de la route de Lorient.
Jérôme SIILLON.
(correspondance spéciale)

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