Football : Clermont - Rennes, duel des frères Marveaux
Sylvain Marveaux : Philippe Renault
Coupe de la Ligue (16es de finale, 20 h). Les deux frères seront les vedettes de ce déplacement périlleux pour le Stade Rennais.
Clermont - Rennes, ce doit être un match particulier pour vous non ?Sylvain Marveaux : C'est un match comme les autres pour... les autres. Et c'est un match particulier pour moi, si je joue et si mon frère joue. Jouer l'un contre l'autre, c'est une situation que l'on a jamais connue. Dès le tirage au sort, Joris m'avait téléphoné.Joris Marveaux : Bien sûr, la question ne se pose même pas. Le fait de l'avoir vu évoluer depuis la saison dernière, me donne envie de me confronter à lui. Et puis c'est vrai que ce genre de situation arrive très rarement. Cela s'est déjà passé avec les frères Cheyrou, et les frères Didot aussi je pense...Vous n'avez donc jamais joué l'un contre l'autre ?S. M : Non, ou alors quand on était gamin, dans le jardin. Là, c'était la vraie compét'et c'est souvent lui gagnait, mais c'est normal, il a quatre ans de plus que moi. J. M : Si. Dans le jardin de la maison, on se faisait des délires de gamins. On s'imaginait en joueur pro, dans nos rêves. On se prenait pour des attaquants-vedettes, moi en JPP, lui en... je ne vous le dirai pas (rires).Sportivement, quelle image avez-vous de votre frère ?S. M : J'ai l'image d'un bon joueur, sollicité par de nombreux centres de formation français, à l'époque. J'étais allé avec lui à Monaco, puis à Nantes, qu'il a choisi, et où cela ne s'est pas très bien passé. J. M. Je le vois comme un des espoirs du football français. Il est passé par toutes les sélections jeunes. C'est aussi, désormais, un titulaire potentiel dans son équipe. Mais, en fait, j'apprends à le connaître comme joueur depuis que je le vois à télévision. Je l'ai vu souvent et j'ai des petits trucs pour le neutraliser, ah ah...Et comme frère ?S. M : J'ai une très bonne relation avec lui, très forte.J. M : C'est difficile à dire. Moi, j'ai un peu ouvert la voie, j'ai connu les choses avant lui, donc j'ai pu le conseiller quand il a eu des moments de doute, des blessures longues... Mais il n'y a pas de jalousie entre nous, ni de complexes...Tous les deux vous jouez au milieu de terrain, vous allez vous marquer ?S. M : Lui, il est droitier, et un peu plus défensif que moi. Mais on devrait se retrouver face à face, c'est vrai.J. M : Il est plus offensif que moi et plus à gauche. Quoique, les deux derniers matchs il s'est retrouvé dans l'axe avec un rôle plus défensif. J'ai d'ailleurs trouvé intéressant ce nouveau poste pour lui, il va étoffer son bagage. J'aimerais faire un bon match contre lui. Peut-être que lors des cinq premières minutes, il y aura un peu d'appréhension. Quelle priorité représente la coupe de la Ligue pour vous ?S. M : C'est un match important, on n'a pas envie de revivre la mésaventure de l'an passé. Et puis on voudrait aller loin. J. M : On a un groupe renouvelé depuis l'année dernière. Cette compétition me plaît bien, et on avait tous envie de jouer contre un gros calibre du championnat. Moi j'espérais Rennes ou Lorient, j'ai été servi. Sur ce type de rencontre, l'entraîneur nous laisse un peu plus de liberté pour gérer l'avant-match. Vous devez bien connaître l'équipe adverse ?S. M : Oui. Je peux citer tous les noms de l'équipe adverse, ce n'est pas le cas de mes coéquipiers à moi, qui ne connaissent personne à Clermont... Moi, je suis de près le parcours de Clermont en championnat, je vais souvent sur leur site. Ils font une belle saison pour le moment.J. M : Oui, je suis Rennes de près. Surtout depuis que Sylvain peut être parmi les titulaires. C'est une équipe très solide. Contre Lorient, ils avaient bien maîtrisé leur match. Dimanche, ils ont connu une petite baisse de régime. On ne compte pas trop là-dessus, mais je pense qu'ils sont prenables.Vous avez prévu quelque chose avant, ou après le match ?S. M : Bien sûr, on a prévu de s'échanger les maillots. J'aurais bien voulu qu'on puisse rajouter l'initiale de notre prénom, mais la Ligue ne nous l'a pas autorisé. Il aurait fallu demander une dérogation. Et puis, avant le match, on se fera plutôt une petite bise, qu'une poignée de main.J. M : On échangera les maillots, mais je ne sais pas si l'on pourra passer beaucoup de temps ensemble, car notre coach a prévu un décrassage tout de suite après le match. J'imagine que dans le tunnel avant de rentrer sur le terrain, on se croisera du regard...Recueilli parJacques GUYADER.
Ouest-France
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