Hugues Vanel, présidentde la fédération du BTP d'Ille-et-Vilaine. Dans le département,sa fédération représente environ les 2/3 des 21 000 salariésde la branche. Cette chute intervient après onze années de croissance continue dans les permis de construire. Côté logement social, les programmes annoncés se maintiennent. L'effondrement est manifeste du côté des promoteurs privés. Aujourd'hui, ils ne vendent plus rien. Ils seront sans doute contraints de laisser passer 2009 pour écouler leur stock de logements.
En fait c'est simple : les clients gelant leurs achats, les promoteurs ont gelé leurs projets. Vu le climat ambiant, le redémarrage va prendre du temps : quand un particulier craint pour son emploi, il ne se met pas un emprunt immobilier sur le dos.
Comment vos entreprises ont-elles vécu ce renversement ?
Au début, comme le commun des mortels. On n'a pas bien compris. En juillet dernier, on a remarqué que nos demandes de devis étaient faibles. On a d'abord mis cela sur le compte de la période électorale, toujours très calme pour les affaires. En septembre-octobre, on a vraiment commencé à mesurer les choses. Et nous affronterons le gros temps au 2e trimestre : jusqu'à présent, nous avons travaillé sur des chantiers de constructions engagés début 2008.
Avec quelles conséquences pour l'emploi ?
Aujourd'hui, on enregistre une réduction d'effectifs salariés d'environ 200 personnes sur tout le département : soit 1 % du total. Cela semble encore faible. Quand nos 5 600 entreprises seront directement touchées, les intérimaires seront menacés. Ils représentent environ 2 000 salariés, 10 % du total...
Sur quoi pourrez-vous vous appuyer pour limiter les dégâts pendant cette crise ?
D'abord sur les activités d'entretien et rénovation. Elles pèsent 50 % de notre chiffre d'affaires. Et pour l'instant, cette partie de notre travail se maintient. La priorité absolue serait qu'elle augmente.
C'est là que nous attendons un soutien des collectivités locales et des pouvoirs publics. D'autant que le Grenelle de l'Environnement impose à l'État toute une série de travaux de rénovation et de mises aux normes (d'accessibilité, d'isolation thermique...) des établissements accueillant du public : hôpitaux ; lycées, collèges, stations d'épuration, etc.
L'État comme le conseil général se sont par ailleurs engagés à augmenter les avances versées en début de chantier (l'acompte doit passer de 5 à 15 %) et à réduire le délai de règlement des travaux de 45 à 30 jours en fin de chantier.
J'espère enfin que, malgré leurs tensions budgétaires, les communes et les offices HLM vont augmenter leurs projets de logements. C'est vital pour permettre à notre tissu d'entreprises, très dense en Ille-et-Vilaine, de ne pas se défaire.
Philippe BOISSONNAT.

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