Anne-Sarah, l'un des 22 correspondants de nuit d'Optima intervenant sur Rennes. Hier soir, Anne-Sarah n'est pas allée travailler. « Je suis en grève ». Son métier : correspondante de nuit. Son matériel : un blouson jaune pour se faire clairement identifier par la population, un téléphone portable et de l'écoute. Beaucoup d'écoute. En prime, de la passion. « J'aime mon métier » explique la jeune femme âgée de 31 ans. « J'ai toujours voulu travailler dans le social et me mettre au service des autres. » Il y a cinq ans, elle est embauchée par Optima qui « gère », sur Rennes, une vingtaine de correspondants de nuit. A la demande de la ville et des bailleurs sociaux, les fameux gilets jaunes « patrouillent » dans les quartiers : Le Blosne, les Champs-Manceaux, Maurepas, Patton et Villejean.
« En général, notre journée commence à 19 h par un briefing. On nous indique dans quel quartier on doit se rendre et les différentes missions. Se rendre chez telle ou telle personne. Vérifier l'état technique d'un immeuble : la présence des extincteurs, le bon fonctionnement des ascenseurs, l'éclairage, les dispositifs de sécurité. » Pas de quoi chômer. « On travaille toujours à deux pour des raisons de sécurité et tous les habitants des quartiers ont notre numéro. Ils peuvent nous appeler s'ils ont besoin de nous. »
Des correspondants qui assurent aussi un service de pharmacie en cas d'urgence en liaison avec SOS médecins.
« Jamais une nuit ressemble à une autre. Nous sommes toujours au contact de la population. Désamorcer un conflit entre voisins, écouter les doléances des locataires, résoudre des problèmes dans la mesure de nos moyens. » Des interlocuteurs au service des autres avec des moments difficiles aussi. « Régulièrement on se fait insulter. Des collègues se sont blessés dont un très grièvement dans une cave mal éclairée. » Et les nuits s'enchaînent. Jusqu'à quatre successives par semaine.
Cinq ans d'ancienneté et environ 1 250 € nets par mois. « Très peu d'évolution de salaire, de la pénibilité et pratiquement pas de reconnaissance. Je ne me suis jamais posé la question de changer de métier. Mais en ce moment oui. » Du ras-le-bol dans l'air comme les autres correspondants.
Samuel NOHRA.

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