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Dans le département, 27 mairies ont signé une convention avec le ministère de l'Éducation nationale pour organiser un service minimum d'accueil, les jours de grève. À Rennes, la municipalité socialiste s'y oppose. « Cette disposition est significative d'un double désengagement de l'État, vis-à-vis des familles et de sa mission d'employeur », écrit notamment l'adjointe à l'Éducation dans un courrier destiné à l'inspection d'académie.
À l'inverse, Saint-Malo approuve cette initiative ministérielle et l'a mise en pratique pour la première fois hier. Une quarantaine d'employés communaux étaient mobilisés.
« L'objectif est de faciliter la vie des familles en leur offrant un accueil de 7 h 20 à 19 h dans leur établissement comme d'habitude. Ce n'est pas un service minimum », précise Marie-France Mansuelle, l'adjointe en charge des affaires scolaires.
Sur les 2 800 élèves malouins, une vingtaine en primaire et une quarantaine en maternelle ont bénéficié de ce dispositif. Peu d'enfants concernés car le mouvement de grève n'a pas été suivi en masse par les enseignants.
Les trois-quarts étaient dans leur classe. Les parents, quant à eux, n'avaient pas toujours été informés de cette mesure. La plupart avaient anticipé une solution de garde. La mairie de Saint-Malo compte malgré tout reconduire cette opération lors d'un prochain préavis de grève.
À Vitré, ce dispositif est rôdé depuis longtemps. Hier, il a été utile dans une seule école, celle de Pierre-Lemaître au niveau des primaires. Les sept enseignants, dont la directrice, étaient en grève. Dans la cour, deux employées municipales qui s'occupent en temps normal de l'accueil périscolaire (garderie et cantine), ont accueilli 41 enfants, soit 25 % des effectifs. « La veille de la grève, nous avons reçu 20 coups de téléphone de parents qui étaient en demande, souligne Michel Le Brun, de la mairie. Mais il n'est pas question de remplacer les enseignants. »
Pour Séverine, maman de deux bambins de 5 ans et 8 ans, c'est un soulagement de voir les portes de l'école ouvertes. « Ça nous enlève une épine du pied, confie cette Vitréenne, responsable de rayon dans un grand magasin à Rennes. C'est compliqué de trouver quelqu'un de disponible pour une journée, d'autant que je n'ai pas de famille sur place. J'aurais dû demander à des amis. C'est gênant. » « C'est une bonne chose ce service minimum, renchérit un parent d'élève, même si je comprends les enseignants qui font grève. En fait, c'est dommage qu'ils doivent en arriver là pour se faire entendre. »
Pour assurer ce service, l'État reverse aux collectivités 90 € pour 1 à 15 élèves accueillis et, au delà, 90 € par tranche de 15 élèves accueillis. Pour le jour de grève en janvier, la mairie de Vitré a perçu 270 €, sachant que le salaire d'un agent municipal s'élève environ à 136 € la journée.
Karin SOULARD et Camille SARRET.