Wiltord, joker du FC Nantes ?Pour une fois dans ce championnat de Ligue1, le Stade Rennais pourrait bien faire la course en tête. Et si tout se passe désormais dans les délais prévus, leurs premiers adversaires de la saison 2008-2009, l'Olympique de Marseille, auront l'honneur de jouer, route de Lorient, sur une pelouse synthétique. Une révolution !
Hier, en début d'après-midi, le Conseil d'administration de la Ligue a décidé, à la quasi-unanimité, de « lever l'interdiction qu'il avait édictée quant à l'équipement des stades en pelouses synthétiques. » Une décision historique prise à la demande pressante du Stade Rennais, premier club a en avoir fait la demande officielle.
En grande délicatesse, depuis plusieurs années, avec l'état de sa pelouse, le club breton était, chaque hiver, pointé du doigt comme un des mauvais élèves de Ligue 1. Pas faute d'avoir investi dans les techniques propres à améliorer le gazon naturel. Mais plutôt face à une incapacité structurelle (manque d'air et de lumière) à apporter des solutions.
Le DTN conquis
En faisant le pari du synthétique les dirigeants rennais souhaitent répondre au souci de posséder une aire de jeu de qualité, et aussi d'économiser des centaines de milliers d'euros. Accessoirement, une telle pelouse peut aussi permettre au club d'exploiter son stade de façon plus intensive, notamment en y organisant des spectacles, ou autres manifestations non sportives.
Oui mais quid de la qualité du jeu sur ce type de terrain ? « Les dernières évolutions de terrain synthétiques, ou mixtes (NDLR : un mélange de synthétique et d'herbe naturelle), sont d'une extraordinaire qualité, juge Pierre Dréossi, manager général du Stade Rennais. Lorsque nous avons présenté notre dossier, même Gérard Houiller, le DTN, et le Syndicat des joueurs se sont montrés très favorables. »
Les dernières versions de ce type de terrain sont, en effet, à des années lumières des moquettes rases inaugurées il y a une dizaine d'années. Sur ces terrains, tout tacle était prohibé au risque de se brûler les cuisses. « Désormais, on peut jouer tout à fait normalement. La Fifa a réalisé des tests approfondis qui concluent à l'intérêt évident du synthétique », poursuit le manager rennais.
Reste qu'entre le feu vert de la LFP, et le premier coup d'envoi possible, le délai n'est que de deux mois. « Compte tenu de notre participation à l'Intertoto, et du premier match que l'on jouera à domicile, le timing est assez serré. Nous attendons des réponses des techniciens. Notre dossier est prêt, et nous déciderons lundi soir »
La brèche est ouverte, et il y a fort à parier que d'autres clubs (Le Mans, Sochaux, Nice...) vont vite s'y engouffrer à leur tour.
Jacques GUYADER.