Des matchs de l'Euro 2016 à Rennes ?
Utaka de retour à Rennes ?Frédéric de Saint-Sernin, à titre personnel, comment avez-vous vécu vos 18 mois à la tête du Stade Rennais ?
J'ai eu un parcours atypique avant de prendre la présidence du Stade Rennais. Mais, j'adore le foot et c'est un accomplissement pour moi d'être à ce poste. Le foot est un milieu fermé régi par des codes, des conduites, pour lesquels il faut un temps d'adaptation. J'ai dû faire mes preuves et, dans le même temps, apporter ma touche personnelle car je pense que c'est bon pour le football de s'ouvrir à d'autres profils.
Quelle est votre mission, aujourd'hui ?
Je suis l'interface entre l'actionnaire et la vie du club dans son ensemble. C'est valable pour le sportif bien sûr, mais aussi, et cela est très important, pour tous les salariés du club. Je suis donc le garant des grands équilibres de l'entreprise Stade Rennais. Le club a mûri et grandi, depuis dix ans, avec l'arrivée du groupe Pinault. Je m'inscris dans cette continuité, avec pour objectif de pérenniser le club au haut niveau. Avec un simple bémol : le sportif est dans l'immédiateté alors que l'économique et le reste de la société ne sont pas sur le même rythme.
Comment avez-vous vécu les soubresauts de l'hiver dernier ?
C'était une année turbulente. En sport comme en politique, il faut accepter la défaite et garder la tête froide. En ce sens, j'ai beaucoup apprécié l'attitude de Pierre Dréossi. En même temps, c'était une décision difficile sur le plan humain. Je pense particulièrement aux entraîneurs adjoints. Avec le recul, je me dis que c'était la bonne décision au bon moment. D'autant que Guy Lacombe et ses adjoints ont réussi à se fondre rapidement au sein du club. Au final, je pense que cette expérience nous a rendus plus forts, tous ensemble.
Cet été, le feuilleton du transfert de Jimmy Briand a, lui aussi, créé des remous au sein du club. Qu'en pensez-vous ?
Dans un dossier de transfert, il s'agit d'une relation tripartite. Donc les trois parties doivent trouver satisfaction. Personne n'est intransférable, c'est certain. Mais pour Jimmy Briand, on a voulu nous faire céder en nous mettant la pression. On peut discuter, mais surtout pas nous forcer la main. Jimmy s'est vu à Paris, mais le club de la Capitale n'avait pas l'argent nécessaire pour réaliser le transfert. Il y a donc une énorme déception pour lui. Maintenant, il ne peut pas se permettre de ne pas jouer. C'est un jeune joueur, il faut lui laisser le temps de digérer.
Comment avez-vous vécu les tensions internes liées à ce dossier ?
Des tensions, il en existe partout. C'est l'affirmation de la personnalité de chacun. Le foot est un milieu propice aux tensions. Pour autant, je veux que tout cela s'exprime en interne et de façon hiérarchisée. Le club est organisé et structuré pour cela. Chacun à sa place est meilleur que les autres. Mais il n'y a qu'une seule personne qui décide au final : c'est moi ! Je l'ai dit à l'ensemble des salariés la semaine dernière. Je ne le redirais pas !
« Maintenant, la parole est au terrain »
En décideur, vous avez fixé des objectifs pour la saison 2008-2009. Quels sont-ils ?
Tout d'abord, il faut restituer le climat général. Économiquement, la situation nationale est délicate. Il nous faut donc en tenir compte. Sur le plan sportif, notre objectif est de faire aussi bien sinon mieux que la saison dernière. Cela ne sera pas facile. En matière de recrutement, nous avons encore quelques ajustements à réaliser. Il y aura sans doute deux départs d'ici au 31 août. Car notre masse salariale a augmenté, la saison dernière. Mon objectif est très clairement de ne pas l'accroître, et même de la réduire.
À propos de finances, quel sera le budget du Stade Rennais cette saison ?
Nous disposons du 8e budget de la L1 avec un prévisionnel de 43 M€. Avec des droits TV d'environ 30 M€, qui représentent donc environ 60 % du budget. Ce sont des moyens financiers conséquents, mais nous devons être raisonnables. Mes deux premières expériences face à la DNCG se sont bien déroulées. Je souhaite que cela se poursuive. Et pour cela, nous avons des ambitions adaptées à nos ressources. Viser les dix premières places du championnat, ce n'est pas un manque d'ambitions. C'est du réalisme.
À quelques heures d'affronter Marseille, comment jugez-vous le potentiel de votre équipe ?
Je pense que, sur le papier, nous disposons d'un groupe complet. Avec des joueurs d'expérience, mais aussi un certain nombre de jeunes professionnels, formés au club, qui ont signé leur premier contrat cet été. En fonction des opportunités, d'ici à la fin août, il y aura peut-être un renfort supplémentaire. Donc, sur le papier, je pense que nous sommes armés. Maintenant, la parole est au terrain. À chacun ses responsabilités.
Recueilli par
Nicolas CARNEC.