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François Stifani (Grand maître de la GLNF). : Ouest-FranceLes francs-maçons suscitent toujours la curiosité. La Grande loge nationale française (GLNF) s'expose rarement. Ce courant spiritualiste de la tradition anglo-saxonne compte pourtant près de 5 millions de « frères » dans le monde, dont 38 000 en France. Elle est désormais dirigée par François Stifani, un avocat d'affaires de 60 ans, qui vient de succéder à Jean-Charles Foellner. Le nouveau Grand maître entame une tournée de ses provinces avec une première escale à Saint-Malo, le 1er mars (1).
Démarche spirituelle exigeante
Y aura-t-il moins de discrétion de la GLNF avec François Stifani ? « Non. Ce n'est pas dans notre culture de communiquer. Mais le temps des religions revient et nous pensons avoir quelque chose à dire à la fois contre les dérives sectaires et contre la perte des repères. »
Ces francs-maçons-là sont bien loin de l'anticléricalisme qu'on leur prête parfois. « Le débat laïciste a déformé les choses. Pour nous, croyants, l'essentiel, c'est la foi en Dieu que nous appelons le Grand architecte de l'univers. »
Mais pourquoi cultiver une discrétion qui confine au secret ? « Les frères partagent le vécu commun de l'initiation. C'est cela, le secret. Pour le reste, il n'y a rien de secret. Moi, je n'ai rien à cacher. Je suis fier de mon engagement. » Les frères portent des tabliers et subissent une initiation. La maçonnerie n'est donc pas pour tout le monde : « C'est une démarche spirituelle exigeante. »
Quand on lui parle de réseau d'amitié, de club un peu fermé ou de symbolique folklorique, François Stifani réplique par la dialectique de l'ombre et de la lumière dans l'Évangile de Saint-Jean. « Nous, nous avons eu la chance de frapper à la porte d'un temple pour découvrir l'amour de l'autre. C'est pour cela que la franc-maçonnerie réussit là où la société échoue souvent... »
Et lui, François Stifani, qu'est-ce qui le motive ? « Je veux faire quelque chose pour quand je ne serai plus là. Et répéter qu'il n'y a pas de bonheur sans spiritualité ».
Hervé BERTHO.
(1) Entrée libre, 15 h, Palais du grand large, quai Duguay-Trouin. Tél. 02 99 20 60 20.