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C'était en décembre 2007 : en analysant les poissons de leur étang, des pêcheurs de Redon découvraient qu'ils contenaient un taux de pyralène de 37 picogrammes par gramme, quand la norme de l'Organisation mondiale de la santé en tolère 8. : Archive Ouest-FranceLeur étang, au joli nom de Via, est interdit à la pêche depuis décembre 2007. En cause, une pollution aux PCB. Ces polychlorobiphényles sont des dérivés chimiques chlorés, insolubles dans l'eau, proches des dioxines et aussi connus sous leur appellation commerciale, le pyralène. Un polluant cancérigène.
Depuis presque un an, le syndicat des pêcheurs de Redon et de Saint-Nicolas-de-Redon réclame à corps et à cris des analyses plus poussées pour connaître le ou les coupables, ainsi que l'étendue réelle des dommages aux abords de l'étang. « La direction départementale de l'agriculture et de la forêt avait bien effectué des prélèvements en différents points en avril 2007. Mais jusqu'ici, elle refusait de nous communiquer les résultats », se désole Claude Davy, le président du syndicat. Et pour cause. Ces analyses révèlent aussi la présence de PCB, dans une moindre proportion, dans tous les cours d'eau et fossés autour de l'étang.
« Trouver les coupables »
« D'où ça vient ? On ne sait pas, soupire le pêcheur, mais l'État est très embarrassé. D'autant plus que ces PCB ne sont pas les mêmes que ceux relevés lors d'une pollution de l'étang en 1986, ce qui prouve qu'il y a bien eu d'autres apports. »
L'enquête montre aussi qu'un ruisseau en aval de l'usine Faurecia de Bains-sur-Oust contient des dioxines : « Du même type exactement que celles qui ont contaminé les ensilages de maïs de 140 exploitations dans le Pays de Redon durant l'été 2006 ».
Alors ? Danger ? Michel Châtel, trésorier de l'association de pêche hausse les épaules : « Il n'y a pas de norme en France pour les pollutions de sols et sédiments, contrairement à l'Allemagne. Tout ce qu'on peut dire ici, c'est que, sauf dans l'étang, les taux sont partout inférieurs à 40 picogrammes par gramme, la norme allemande. »
Le syndicat veut en tout cas connaître l'origine de la pollution. Lassé « par aussi peu de volonté de trouver les coupables », son président n'exclut pas de porter plainte.
Yann-Armel HUET.