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La Biennale d'art contemporain

Édition du mardi 13 mai 2008

Raphaële Jeune lance « Valeurs croisées »

La première édition des Ateliers de Rennes - Biennale d'art contemporain, qu'elle dirige,

s'intitule « Valeurs croisées ». Entre l'art et l'entreprise, bien sûr.

Raphaële Jeune est née le 29 mai 1968 à Nantes. Elle a grandi à Lyon, a préparé un DEA arts plastiques à Paris puis a travaillé au Musée d'art moderne, dans des galeries, est devenue commissaire d'expositions en Allemagne. Raphaële Jeune a fondé l'association Art to be, qui a présenté le projet choisi pour cette première des Ateliers de Rennes.



Où en étiez-vous de votre parcours avant la biennale de Rennes ?



Mettre en relation le monde de la création, les artistes, et le monde du travail m'intéressait. Je pensais à une sorte de laboratoire, à un travail de réflexion là-dessus. La frontière entre « art » et « vie » ou « espace social » s'estompe avec les technologies modernes. Aujourd'hui, un ordinateur suffit, surtout si l'artiste se met en réseau. Il peut travailler avec des chercheurs aussi bien qu'avec des danseurs. De nos jours, on tend encore à axer le jugement sur l'art sur une sorte de demande préalable du spectateur, mais l'artiste est ailleurs, rarement là où on voudrait qu'il soit ! Peu d'artistes du XXe siècle ont voulu faire du « beau » pour leurs contemporains. On n'est pas dans l'audimat. Il faut oublier tous les cadres qui nous remplissent la tête a priori et regarder ce qui nous est proposé.



Comment êtes-vous arrivée

à cette biennale d'art contemporain

à Rennes ?



En 2006, j'ai pris contact avec Art Norac à la suite de l'appel d'offres. Sur trente candidats, trois ont été sélectionnés. En juillet 2006, le jury s'est réuni. Mon projet a été retenu. Il fallait d'abord investir la ville, fédérer les énergies, ouvrir les lieux... Ce furent de vraies rencontres, un vrai dialogue, je n'ai rien imposé. Il y avait une thématique au départ, mais pas de dogme. Le choix des artistes s'est fait aussi au gré des contacts dans un souci de diversité et de cohérence à la fois. Un audit sera fait après la manifestation par un cabinet.



Est-ce un événement artistique autour d'un concept ou l'implantation réelle de quelque chose ?



Nous donnons le ton de cette édition, en principe ce devrait être le cas de la suivante aussi. Ensuite... Je souhaite qu'on reste dans cet esprit « labo », pas dans l'événement. Ce n'est pas un joujou pour se faire plaisir. Il s'agit de mettre sur la place publique des questions sur l'art et le travail.



Cette biennale est le résultat d'une

initiative privée. Qu'en pensez-vous ?



À une époque de désengagement de l'État, il est important de voir des privés s'impliquer vraiment dans des manifestations culturelles. Il y a l'espoir d'un retour d'image, bien sûr, mais aussi tout un jeu. Avec les résidences d'artistes, l'entreprise utilise la présence d'un artiste, certes, mais il y a d'abord une expérience humaine, une rencontre entre un artiste et des salariés. Ça permet de prendre de la distance, d'échapper peut-être à l'aliénation, d'ouvrir un espace critique...





Recueilli par

Gérard PERNON.

Ouest-France

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