Actualité dossier

Stade Rennais Football Club

En images (2008/2009)

Édition du jeudi 29 mai 2008

Pierre Dréossi : « On est un club crédible »

Pierre Dréossi, lors de la reprise du Stade Rennais par François Pinault, le club a commencé par décrocher une 5e place. Pas mal non ?

Je peux difficilement parler de ce qui s'est passé en 1998, je n'étais pas là. Mais finir 5e dès la première année de l'ère Pinault, surtout au départ, c'est déjà quelque chose.

Vous n'êtes arrivé qu'en 2002, estimez-vous avoir profité du travail qui a été fait avant ou être reparti de zéro ?

Non, je ne pense pas que je sois reparti de zéro. Il y avait eu du travail de fait dans les infrastructures (le stade, la Piverdière..), mais pas tellement dans l'organisation qui n'était pas à la hauteur des ambitions.

Que comportait votre lettre de mission lors de votre arrivée ainsi que celle d'Emmanuel Cueff ?

Le premier chantier a été de faire le bilan de ce qui existait et puis de définir un projet et les moyens d'y arriver. La mission, c'était d'installer le club le plus haut possible, dans les cinq premiers, par forcément le 5e d'ailleurs, en conservant le souci de rester dans un cadre financier. Augmenter les recettes, en trouver des nouvelles, et faire en sorte que le club vive, sans que l'on ait systématiquement à demander à l'actionnaire de remettre la main au portefeuille.

Cela tranchait radicalement avec ce qui s'est passé avant, non ?

Je peux aussi difficilement parler de ce qui s'est passé avant. Je ne savais pas grand-chose de ce qui se passait au Stade Rennais. J'étais à Lille, et le Stade Rennais, personne ne s'en souciait vraiment.. Évidemment, j'avais entendu parler de l'épisode Lucas... car cela avait défrayé la chronique.

Votre première année de recrutement, avec Loeschbor, Fleurquin, Ivanov... n'a pas été formidable, non plus...

Non, c'est vrai. Ma première année, dans le recrutement, a été un échec. Bien sûr, il faut le dire. Je suis arrivé, j'ai fait confiance. Mais je n'ai pas eu le temps de mettre en place le réseau....Et encore, cet échec a été récupéré par le coup de Petr Cech. Tant en termes de notoriété que de résultats sportifs, car Petr nous a ramené des points.

Il vous a fallu un an de rodage...

A la fin de cette saison-là, après le match contre Montpellier, il y a eu l'annonce de notre projet. Celui que nous voulions définitivement mettre en place, avec la formation, la stabilité...C'est là qu'a débuté notre vrai projet.

Quand vous regardez la courbe des classements depuis cinq ans, que vous dites-vous ?

D'abord, l'objectif reste toujours lié au budget. Là, on arrive, notamment sur les cinq dernières saisons, à être autour de la 5e place. Je pense même que l'on se positionne à la 3e ou 4e place sur ces cinq années. Toutes ces fins de saison-là, on a été en position de jouer l'Europe. Cela se fait difficilement, mais on y arrive. Malheureusement, je pense que l'on n'est pas encore assez costaud pour que ce soit un objectif déclaré.

Pas suffisamment costauds, à quel niveau ?

A tous les niveaux. D'abord au niveau de l'antériorité, en termes de réussite durable. Nous, on est les plus jeunes parmi ceux qui ont une réussite constante. Et puis, on n'a pas les moyens qu'ont des équipes comme Paris, Bordeaux, ou Monaco...

Cela paraît bizarre de dire que vous n'avez pas les moyens, alors que vous êtes adossé à un groupe financier de premier ordre, la holding de la famille Pinault....

On est désormais autonome. Mais, c'est vrai que si on n'avait pas eu l'aide de Monsieur Pinault, ces six dernières saisons, jamais on n'aurait eu ces résultats. On n'aurait jamais pu prendre des risques sur certains transferts, construire et moderniser la Piverdière. Il est l'acteur principal dans les résultats obtenus. Après, il faut avoir un équilibre financier, car on ne peut pas vivre indéfiniment avec une perfusion au-dessus de la tête.

Ce qui est désolant, c'est que la vitrine des trophées reste désespérément vide, hormis une coupe Gambardella (1). Est-ce un échec ?

Que vouliez-vous comme trophée ? Un titre de champion ?

Non, une coupe par exemple...

Oui, une coupe...Mais c'est difficile, une coupe. Cela se joue parfois à rien, Lyon n'avait toujours pas de coupe. Ce qui est important, pour moi, c'est le positionnement du Stade Rennais. Maintenant, on dit « le Stade Rennais est là », en haut, quelles que soient les vicissitudes. Aujourd'hui, on est devenu un club crédible.

Y a-t-il des choses que vous regrettez, des erreurs que vous auriez commises ?

Je ne sais pas, mais oui sûrement.

Des choses qui vous rendent fier ?

(Rires). Oui, tous les matins je me dis ça...Non, je plaisante...Est-ce que l'on a raté quelque chose ?

Déjà vos périples peu convaincants en UEFA, par exemple...

Oui peut-être... Là, il y a une vraie question que l'on s'est posée souvent. Et on n'a pas encore trouvé la réponse... Mais les réponses ne sont pas les mêmes pour les deux parcours. La première fois, on manquait sûrement d'expérience. Cette saison, c'est différent, il n'a pas manqué grand-chose.

Que vous reste-t-il comme moment fort, aujourd'hui...

Il reste la victoire à Lyon, avec le triplé d'Utaka, ou encore la dernière soirée à Paris, en 2005, où l'on perd mais où l'on devient européen pour la première fois par le championnat, en devenant 4e, et au bout de notre véritable 2e année de projet. L'apport du triumvirat (NDLR : Cueff-Dréossi-Bölöni) sur cette saison-là, a montré que l'on pouvait faire de belles choses.

Et des moments de déceptions ?

Bien sûr, cet hiver, j'ai connu une période difficile. Et dans les regrets que j'ai ressentis, celui de ne pas avoir arrêté, lors de l'été dernier. J'y ai pensé, on a réfléchi et puis...

Ces six ans à la tête du Stade Rennais ont-ils fait de vous un Rennais ?

Il faudrait le demander à d'autres. Aujourd'hui, je le vois dans les yeux des gens. Aujourd'hui, je me sens...légitime. Je ne suis pas Breton, je ne le serai jamais. Mais par contre, Rennes est mon club. J'ai l'impression de l'avoir construit, pas seul, mais je fais partie des gens qui l'ont fait. Avec Monsieur Pinault, Emmanuel Cueff, Lazlo Bölöni, on a travaillé pour en arriver là. Tout comme on continue à le faire avec Fréderic de Saint-Sernin et Guy Lacombe. Faire qu'il y ait près de 26 000 personnes au match. Et que l'on soit fier de dire que l'on est supporter du Stade Rennais aussi...

Si votre carrière se poursuivait ailleurs, vous auriez toujours en vous un bout du Stade Rennais ?

Oui, bien sûr... Comme c'était le cas avec Lille. Après avec le temps, cela s'estompe, c'est la vie. J'ai passé six ans à Lille, comme ici, comme à Cannes aussi d'ailleurs...

Recueilli par N. C. et J. G.

(1) Entretien réalisé avant la finale 2008.

Pour suivre:

2. Le Stade Rennais et ses racines

Ouest-France

Les autres titres

De superbes Rennais, premiers tombeurs de Lyon Beaucoup de regrets pour les Rennais Rennes - Lyon : l'avant-match ! Blaise Kufo, le retour de Monsieur 50 %

Rennes devra sortir un vrai « grand » match

FC Twente - Stade Rennais : l'avant-match ! Wiltord intéresse toujours le FC Nantes Le Stade Rennais a enfin enclenché la seconde

Le chantier de la défense prend enfin forme

Un succès très précieux pour les Rennais

Rennes peut compter sur sa classe biberon

Opération qualification et séduction réussie Patrice Luzi souffle le chaud et le froid

Rennes - Le Mans (Coupe de la Ligue) : l'avant-match La jeunesse lancée dans le grand bain Il y a pourtant du mieux dans le jeu rennais

Lemoine maître du jeu, Mangane maître des airs Des Rennais dominateurs mais inefficaces devant le but Les Rennais ont vaincu avec leurs têtes

Le Stade Rennais s'impose d'une courte tête Rennes - FC Twente : l'avant-match ! Hansson : « Ni le plus rapide, ni le plus lent » L'UEFA mobilise peu les supporters rennais

Steve McClaren, l'homme des défis

Twente veut sortir de l'ombre du PSV et de l'Ajax

Petit match, petit résultat pour les Rennais Jimmy Briand en clair-obscur Le Stade Rennais doit vite se remettre dans le bon sens

Christophe Revault : « A Rennes j'ai appris à être n° 2 »

Rennes - Le Havre - L'avant-match ! Rennes recevra Le Mans en Coupe de la Ligue Le Stade Rennais investit dans deux écrans géants

Coupe de la Ligue : Rennes recevra Le Mans Stéphane Mbia prolonge...mais partira en juin Jimmy Briand résolument tourné vers l'avenir

Un premier bilan globalement positif Le Stade Rennais mal récompensé de ses efforts Les Rouge et Noir doivent finir le travail
maville.com Tous les flux RSS d'actualités