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Jean Beghin, à gauche, en compagnie de Patrick Cavelier. : Joël Le GallPlusieurs centaines de personnes y ont participé, pour la plupart des anciens auditeurs de France Inter qui avaient pris l'habitude d'écouter cette voix suave et vive, parfois blagueuse, mais toujours respectueuse de l'autre.
Ainsi était aussi celui qui, pendant des dizaines d'années, a animé le jeu des 1 000 francs. « Il a semé sa bonne humeur dans la presque totalité des villes et villages de France » a dit de lui le père Brindejonc, curé de la paroisse Notre Dame de Bonne Nouvelle.
Le prêtre a également souligné « l'homme humble et modeste » tandis que le père de Passemar déclarait : « Il était le saltimbanque du service public qui venait apporter un peu de saveur au milieu de la journée et avait la joie de transmettre ce qu'il y a de plus élevé dans notre patrimoine : la culture. »
Nombreux ont été les témoignages d'amitié, de nostalgie, de tendresse envers celui dont on a rappelé la mémoire. Ces mots de gentillesse sont venus avant la messe, sur le parvis de Notre Dame, pendant la cérémonie et, aussi, alors que le corbillard quittait Rennes pour Montfort-sur-Meu où le corps de Lucien Jeunesse a été incinéré.
« On l'attendait tous les jours »
« Son élan, sa joie de vivre, c'était quelque chose d'extraordinaire. Quand il parlait, c'était magnifique de l'écouter. c'était un grand monsieur » (Daniel). « On l'attendait tous les jours ! » (Annick). « Il présentait bien, il était agréable » (Rémi). Hier, à Rennes, au pied de l'abbatiale, on aurait ainsi pu laisser parler de nombreuses personnes...
« Je me souviens de Lucien Jeunesse. Je l'ai rencontré sous le chapiteau du jeu des 1 000 francs, à Rennes, dans les années soixante. J'avais 16 ans. Quand j'ai posé ma question, il m'a rassurée car j'avais le trac. Je me souviens de la question : qu'est-ce qu'un xyste ? j'ai le souvenir des secondes qui s'égrenaient : tic, tic, tic... » se rappelle Armande, la Rennaise.
Josée, elle, a travaillé pendant vingt ans avec Lucien Jeunesse, à France Inter. Elle est venue de Paris : « Je ne pourrais pas vous raconter tous mes souvenirs parce que cela a été vingt années de bonheur sur quarante-deux ans de vie radiophonique. »
L'hommage de Radio France et de France Inter
Patrick Cavelier, secrétaire général de Radio France : « J'ai, bien sûr, connu Lucien Jeunesse, en tant qu'auditeur. J'étais, hier, en Flandres belge, et j'écoutais des personnes très âgées qui rappelaient qu'ils obligeaient leurs enfants à écouter Lucien Jeunesse, dans les années soixante-dix. C'était une sorte de petite cure de culture à mi-journée. Il était une figure du service public avec ce qu'il avait de courtoisie, de grande amabilité avec les auditeurs qu'il aimait. Cela se sentait. »
Pour, Jean Beghin, directeur de l'antenne de France Inter, Lucien Jeunesse représentait « une des bases de la radio par son contact avec l'auditeur, le contact facile, pas la fausse familiarité mais le vrai contact fondé sur du respect. Il était le parfait médiateur pour faire passer cela. Je suis juste venu rendre l'hommage de France Inter à un Monsieur qui a beaucoup compté dans l'histoire de la radio ».
Édouard MARET.