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Kilian, Sylvie et Robin : regards croisés vers le père et le grand-père. « Il avait besoin de soleil et de lumière. Après l'adieu à son public, papa s'est installé avec maman dans les Landes, puis à Saint-Tropez et, plus tard au Sénégal. Papa aimait la Bretagne mais il ne faisait pas assez chaud pour lui, ici. Si les obsèques ont lieu à Rennes, c'est parce qu'il avait envie d'être auprès de ses petits-enfants ».
Derrière ses lunettes noires, Sylvie Jennes cache son chagrin. À Rennes où elle habite depuis 1994, entourée de ses deux garçons, Robin et Kilian, la fille unique de l'animateur radio, feuillette l'album de famille et remonte le temps, nostalgie.
Chaque image découvre un souvenir. « Nous avons fait des sorties ensemble, à Paris. J'aimais aller au théâtre et au concert avec lui. Cela m'aurait presque donné envie de monter sur scène » se souvient Sylvie. Et puis la vie en a décidé autrement. Aujourd'hui, Sylvie bichonne les clients dans sa crêperie... Chut ! C'est la Gavotte !
Au fait, Jennes ? « Oui, Jennes. C'est notre nom de famille. Papa l'a choisi. C'était son nom d'artiste. Jeunesse, Jennes... On ne fait la différence qu'à l'oreille ! » confesse Sylvie.
Aimer rire
Avec tendresse, la fille de Lucien Jeunesse, évoque la naissance de son père, en 1918, à Alfortville, dans la banlieue parisienne. « Papa est né dans une famille de cheminots. Il a vécu la plupart de son temps avec une tante, handicapée. C'était un véritable autodidacte. Il était très exigeant, perfectionniste. Mais ce que je retiens de lui, c'est ce qu'il me disait : toujours faire preuve d'humour et en toutes circonstances. Il nous a si souvent dit qu'il est important de rire, de rire de tout, le plus possible, mais aussi être toujours fort et ne pas montrer que l'on est faible. »
Lucien Jeunesse revendiquait sa condition de saltimbanque. « Il était fier de faire partie de la grande famille du cirque. » Ce beau grand-père, « papy Zouzou » comme l'appelaient ses petits-enfants, marchait grâce aux applaudissements de son public. « Pensez qu'il a arrêté le Jeu des 1 000 francs à l'âge de 77 ans ! » rappelle Sylvie qui ajoute : « Il ne fumait pas mais, alors, qu'est-ce qu'il aimait les repas à la bonne franquette, comme il aimait dire ! ».
L'homme avait envie d'être aimé et aimait le public. « Il était coquet et séducteur. Mais il avait horreur qu'on lui dise qu'il était bien conservé. »
« Il nous apprenait qu'il faut toujours rire. Et, je me souviens, à table, il nous disait souvent qu'il faut toujours se tenir droit » sourit Robin, 12 ans. « Oui, et moi je me souviens de nos baignades en Bretagne car mon grand-père était un vrai poisson. Qu'est-ce que l'on rigolait ! » enchérit Kilian, 9 ans et demi.
Avec Robin et Kilian, fiers de leur grand-père, la relève est bien assurée...
Édouard MARET.
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