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L'an dernier, 170 brise-lames ont été remplacés au pied des remparts de Saint-Malo. Cette fois, la deuxième tranche concerne 207 fûts de chêne. Le travail s'effectue à marée basse, avec une grande précision. Ils sont à Saint-Malo ce que les planches sont à Deauville. Les brise-lames font partie du patrimoine, on les retrouve sur bon nombre de cartes postales. Ces troncs d'arbre plantés dans le sable sont comme des sentinelles tournées vers la mer, elles protègent la ville de l'assaut des vagues.
Unique en son genre, ce système de protection fut imaginé à la fin du XVIIe siècle, après une tempête qui avait endommagé les remparts.
Résister à l'assaut des vagues
« Ici, nous connaissons les plus grandes marées d'Europe, avec une différence de 13 mètres entre la haute et la basse mer. Sans ces brise-lames, la maçonnerie souffrirait face à l'énergie des vagues », assure Éric Hervé, ingénieur à la ville de Saint-Malo.
Chateaubriand mentionnait déjà l'existence de ces poteaux dans ses Mémoires d'Outre-Tombe. Il s'amusait, avec ses camarades de jeu, à courir autour et à grimper dessus.
Au XIXe siècle, 2 600 brise-lames étaient utilisés. Aujourd'hui, on en compte environ 3 000 au pied des remparts et le long de la plage de la Sillon. La ville a entrepris un vaste plan de rénovation, car certains n'ont pas été changés depuis près d'un demi-siècle.
« Sous l'effet du sel et de la force des vagues, ils finissent par se dégrader », observe Éric Hervé. L'an dernier, 170 brise-lames ont été remplacés. Cette fois, la deuxième tranche concerne 207 fûts de chêne. Des chênes de talus, réputés plus résistants.
Le chantier vient de débuter et devrait durer deux semaines. Il a été confié à l'entreprise BMB, basée à Ploufragan (Côtes-d'Armor). Principale contrainte, les ouvriers ne peuvent travailler qu'à marée basse. Chaque tronc d'arbre mesure environ 7 m. Il est amené sur la plage par une pelleteuse, qui le lève ensuite à la verticale, au-dessus d'un trou.
Le tronc est enfoncé de 2,50 m dans le sable avec le godet de la pelleteuse, comme pour enfoncer un clou dans une planche. Les brise-lames sont disposés en quinconce, avec une grande précision. D'après les anciens, la vaillance d'un brise-lames se jauge au nombre de noeuds visibles sur l'écorce. À vous de compter.
Olivier BERREZAI.
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