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Les associations et les services d'auxiliaires de vie se mobilisent. A la dernière rencontre, côte à côte : Patrick Aubry, Jean-Yves le Houezec (APF), Tanguy Kervella, président du collectif 35, Sabrina Sénéchal (Una 35), Ingrid Virama (collectif), Michel Lozach'meur, Jean-Luc Frinault (Handicap service 35), Remy Coudron (Una 35), Brigitte Thomas, Gaby Travers (Sadaph). L'accompagnement des personnes handicapées à domicile est-il remis en cause ? Après la sortie d'une loi sur la compensation du handicap, on croyait qu'une réponse de qualité avait été apportée à cette population de personnes dépendantes.
Depuis quelques années, des associations ont recruté et formé des auxiliaires de vie, le personnel spécialisé sept jours sur sept dans les tâches de base comme la toilette, les repas, l'habillage, sans compter les sorties. Le système, malgré des ratés dans l'instruction des dossiers, avait fini par trouver son rythme de croisière.
Aïe ! Une lettre adressée par la Ddass État (direction des affaires sanitaires et sociales) en novembre, fait craindre des menaces pour l'avenir des services d'auxiliaires de vie. « On ne s'attendait pas à la suppression du financement des forfaits. La brutalité de cette mesure nous laisse dans le désarroi », remarque Tanguy Kervella, président du collectif des associations de personnes handicapées.
Dans le département, la somme allouée par l'État au titre des forfaits s'élevait à 800 000 € en 2007. Déjà des associations comme le Sadaph à Rennes, qui interviennent pour les handicapés lourds, s'interrogent sur l'éventualité d'un plan social. « Le forfait d'État représente 20 % de notre budget, soit 10 000 € par an, indique la présidente, Gaby Travers. Nous serons contraints de facturer les coûts de revient. »
A la Sadaph comme dans les autres services d'aide à domicile, la dotation d'État servait de variable d'ajustement. « Des personnes ne pourront pas suivre la hausse des tarifs. Il faut s'attendre à une baisse d'activité. On sera obligé de supprimer des postes. »
Les parlementaires alertés
Dans sa dernière lettre, la Ddass État explique que la montée en charge de la prestation de compensation versée aux personnes handicapées leur permettra d'embaucher directement des auxiliaires de vie.
Mais les associations employeurs ne sont pas encore prêtes à passer le cap. Toutes avaient déjà confectionné leur budget 2008 et se retrouvent dans le brouillard. Elles ont déjà alerté les parlementaires sur leurs difficultés prévisibles. Rendez-vous a été demandé au préfet. Le président du conseil général sera aussi interpellé.
La mobilisation se met en marche dans la plupart des départements. A Lorient, dans le Morbihan, plus de 200 personnes ont déjà manifesté dans la rue en décembre. Il est demandé au gouvernement de revoir, ou au moins d'aménager la mesure. « Il aurait pu être instauré un transfert vers les départements, ou encore une dégressivité étalée sur deux ou trois exercices. »
Alain THOMAS.
(1) Sont soutenus par le collectif d'associations : le réseau Una 35 (Assad du pays de Rennes, Assad du Pays de Redon, CCAS de Fougères, Sadaph), Handicap service 35, Association départementale des infirmes moteurs cérébraux.