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La Biennale d'art contemporain

Alain Bernardini photographiant un salarié de Sulky Burel
Alain Bernardini photographiant un salarié de Sulky Burel
Édition du mardi 13 mai 2008

Les artistes en résidence dans les entreprises

Cette première Biennale rennaise est placée sous le signe de la relation entre l'art et l'entreprise. Nicolas Floc'h n'est donc que l'un des artistes à se frotter au monde de l'économie et à créer au sein même des entreprises. Voici la liste complète des créateurs et des sociétés concernés:

AaMb désigne l'association de l'artiste Alain Bublex et de la scénographe Ania Martchenko, qui effectuent leur résidence auprès des charpentiers de l'entreprise Les Charpentes Ris à Saint-Malo. Ils conçoivent et réalisent avec eux le mobilier de l'espace de documentation mis en place pour « Valeurs croisées » au Couvent des Jacobins.

Boris Achour de Paris est chez Diana Ingrédients, société basée à Antrain, spécialisée dans la production et la commercialisation d'extraits naturels de fruits et légumes, de composants carnés et marins.

Le Lyonnais Damien Beguet chez SAS Christian Faure, fabricant de crêpes industrielles, à Plouëdern (29), invente, avec humour et en compagnie des salariés, une nouvelle recette de crêpe.

Alain Bernardini, effectue sa résidencechez Sulky-Burel, constructeur de machines agricoles à Châteaubourg. En engageant une relation ludique et complice avec les salariés, l'artiste les invite à adopter des postures inactives, atemporelles, en contraste direct avec le décor de l'usine, symbole d'activité.

Samuel Bianchini chez Orange Labs, centre de recherche et développement du groupe France Telecom Orange à Cesson-Sévigné et Lannion. Partant de technologies développées et proposées par Orange Labs, Samuel Bianchini conçoit et réalise une installation interactive avec le soutien de son laboratoire.

Collectif 1.0.3 est un trio d'artistes. A l'INRIA Rennes - Bretagne Atlantique, centre de recherche en informatique et automatique, le Collectif 1.0.3 s'intéresse à la notion de travail et aux formes de l'organisation humaine. Il explore notamment les usages de l'outil informatique, son matériau de prédilection.

Courants faibles est un collectif de trois artistes. Il effectue sa résidence chez Gerinter Intérim, agence de travail temporaire à Rennes. Pour la Biennale, Courants faibles met en place une collaboration avec sept intérimaires, étrangers au monde de l'art, recrutés spécialement par l'agence de travail temporaire.

L'artiste parisienne, d'origine allemande, Nadia Lichtig, chez Keolis Réseau Star, opérateur des transports en commun de l'agglomération rennaise, cherche à récolter les impressions des salariés sur leur propre vécu du travail, des éléments entendus ou vus pendant un trajet en métro, des interludes musicaux, afin de proposer une vision subjective de l'entreprise.

Mathieu Mercier est chez Thermoformes, fabricant d'objets en plastique à Redon. Répondant à son souhait d'explorer le mode de fabrication de formes plastiques, Mathieu Mercier a choisi de collaborer avec cette entreprise qui lui permet de concilier l'approche de formes non standardisées et celle du mode de production industrielle.

Marie Reinert, qui vit et travaille à Berlin, effectue sa résidence au conseil général d'Ille-et-Vilaine. Un film vidéo sera réalisé, mettant en scène un «laboratoire de gestuelles», dans lequel des volontaires se prêteront au jeu de «reproduire» les mouvements de leur activité, sans les accessoires qu'ils utilisent.

L'Ukrainienne Kristina Solomoukha en résidence chez Lamotte Immobilier à Rennes. À mi-chemin entre la posture de l'arpenteur et de l'architecte, l'artiste parcourt les territoires construits, représentatifs de l'urbanisme actuel, par l'utilisation de différents médias (vidéo, photographie, aquarelle, installation et maquette).

L'Italienne Claudia Triozzi chez Soreal, société productrice de sauces alimentaires, à Janzé, est en immersion sur le site de production. Claudia Triozzi observe et répertorie les relations, les rythmes humains et automatisés, l'assujettissement du corps par l'environnement productif et machinique.

Le collectif Work on stage effectue sa résidence au Centre de relations clients du groupe Canal + à Rennes. Il privilégie le repérage des moments suspendus et improductifs de la vie professionnelle. Il formule ses « Hypothèses » à partir des usages et du quotidien dans l'entreprise dont il extrait mouvements, sons, paroles et situations générés par les employés.

Ouest-France

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