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Les Tombées de la nuit

Édition du lundi 07 juillet 2008

Les Tombées, festival singulier et fier de l'être

13 000 entrées payantes, un taux de remplissage à 96 %... Le bonheur ? Oui. Et non.

Au lendemain de leur clôture, les Tombées veulent déjà évoluer.

Samedi soir, en plein concert, Ibrahim Maalouf s'interrompt sur la scène de l'Opéra. Et enregistre le public en train de chantonner. « C'est pour un concours, sourit-il. Le meilleur public de la tournée fera l'ouverture de mon prochain album ! » Le jeune trompettiste est joueur, drôle, espiègle. Il y a un côté M (Mathieu Chédid), chez Maalouf pour sa complicité avec la salle. Et sa virtuosité à couper le souffle.

Changement d'ambiance, en fin de soirée au Thabor, avec les Mexicains de Nortec collective, des mariachis de Tijuana, avec chapeau, accordéon et trompettes, dopés à l'électro. Stimulant, réjouissant. Et familial.

Malgré l'heure tardive, un monde fou se presse sous le chapiteau, déborde largement sur la pelouse du carré Du Guesclin. Et fait la queue devant le studio « Chez Jacky » pour se faire photographier, déguisé en tout et n'importe quoi. Surréaliste. « 800 portraits ont été réalisés pendant le festival, note Claude Guinard, le directeur des Tombées de la Nuit. Les Rennais sont vraiment très joueurs ! »

Muscler le Thabor

Avec 13 000 entrées, soit un taux de remplissage de 96 % aux spectacles payants, Claude Guinard ne peut que se réjouir. « Tabù » des Gallois du Nofit State Circus s'est encore joué à guichets fermés, hier soir, sur l'esplanade De Gaulle. La qualité de cet étonnant spectacle de cirque contemporain recueille une quasi-unanimité.

La kermesse, ringarde et interactive, orchestrée à Zola par la compagnie « Victor B », a tellement débordé qu'une séance supplémentaire a été rajoutée, samedi après-midi. La troupe belge est pourtant moins créative, plus prévisible que les Dijonnais des « 26 000 couverts », passés maîtres dans l'art de bluffer le public. On devrait les revoir aux Tombées, dès l'an prochain : Claude Guinard se rend, cette semaine, à Dijon voir leur dernière création.

Ce succès public, les spectacles gratuits, majoritaires au Tombées, l'ont également connu. Reste ce reproche récurrent, fait au festival, de ne pas en prévoir suffisamment. « On ne peut pas plaire à tout le monde, » estime Claude Guinard, patron d'un festival singulier et fier de l'être qui privilégie la pluridisciplinarité plutôt que la multiplication des spectacles de rue.

Pas question, pour autant, de balayer les critiques d'un revers de la main. « Nous n'avons pas de recette arrêtée et sommes loin d'avoir tout exploré. Au Thabor, par exemple, il nous faudra franchir une étape, muscler notre offre en spectacles sans en faire un parc d'attractions. »

Cette édition a aussi manqué de fanfares, de troupes mobiles permettant d'occuper les rues du centre-ville. « L'an dernier, la grande structure en bambous était un point de repère permanent du festival, place de la Mairie. Mais, on ne déniche pas une compagnie de la qualité de « Bambuco caracol », tous les ans... »

Un saltimbanque, non programmé samedi soir, s'est permis de faire le show, place de la Mairie, juste après les danseurs de la compagnie Ex Nihilo. Profiteur ? Sans gêne ? Non, au contraire. « C'est de notre faute, reconnaît Claude Guinard. Nous aurions dû prévoir quelque chose entre Ex Nihilo et le concert de Maalouf à l'Opéra. Ce petit « off » nous a bien sauvé la mise. »

Benoit LE BRETON.

Ouest-France

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