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Une capacité de 60 personnes. Situé près de l'aéroport dans un lieu isolé, au « Reynel », le CRA est un lieu de « manifs » fréquenté par le comité de soutien aux sans-papiers. Les opposants réclament la destruction du bâtiment. Ils tentent à chaque fois de communiquer avec les retenus, au nombre de 28 actuellement, dont deux femmes. La moyenne de l'effectif est plutôt de 40 personnes. Le centre est prévu pour recevoir 46 hommes et 12 femmes, ainsi que deux familles avec enfants. Une aire de jeux a été construite mais elle sert peu. Aucun enfant n'a séjourné au CRA ces trois derniers mois.
Civils et militaires. L'effectif des retenus est variable, mais celui du personnel civil et militaire est fixe. On compte huit gendarmes permanents, pour le fonctionnement administratif, et un escadron de gendarmerie mobile, soit 75 hommes, appelés à bouger. Ces derniers sont chargés des missions de garde et d'escorte. S'ajoutent, du côté des civils, le prestataire pour la restauration, le nettoyage et la blanchisserie, des infirmiers et un médecin, le docteur Benjamin Mordellet, qui relèvent du CHU, une intervenante de l'Agence nationale de l'accueil des étrangers et de la migration (ANAEM), Sandrine Pannier, deux autres de la Cimade, Mathilde Maglia et Maud Steuperaert.
« Je travaille dans l'humain ». Directeur adjoint du CRA, le major Guy Laisné, a fait l'ouverture il y a un an. Il dit faire son métier sans état d'âme, même quand il entend les cris des manifestants. Après une carrière classique de gendarme, il est satisfait d'un poste plus atypique. « Ici, je travaille dans l'humain. Je vois défiler la misère du monde. C'est vraiment un autre métier. » Les gendarmes ne portent pas d'armes. Mais les retenus sont soumis à leur arrivée à une fouille en règle. Ils ont le droit de garder un portable sans appareil photo. La situation de chaque personne est suivie au jour le jour sur un tableau. La durée moyenne de rétention est de 12 jours. « On en voit qui reviennent régulièrement. Pour les Irakiens, le CRA peut être un lieu de repos. Ils savent qu'ils ne seront pas expulsés. »
Plus d'un millier de retenus en un an. Kurdes, Chinois et Irakiens viennent en tête, devant les Iraniens. En un an, plus de 60 nationalités ont été admises au CRA qui a vu passer 503 personnes en 2007 et 536 en 2008. Si l'ANAEM s'occupe du soutien moral, le Cimade prend en charge l'accompagnement juridique, en lien avec des avocats. « La situation des gens est très différente. Il y a des travailleurs, des demandeurs d'asile, des malades. On a avec nous un homme dont la femme vient d'accoucher. »
Alain THOMAS.