Wiltord, joker du FC Nantes ?Retour sur les cinq derniers mois avec le coach.
Guy, en milieu de semaine dernière vous étiez déjà « content » de votre parcours. Après votre succès à Nancy dans quel état d'esprit êtes-vous ?
Je suis ravi car là, c'est l'équipe qui a trouvé les ressources. J'ai vu un groupe réagir dans des circonstances défavorables et face à une très grande motivation de nos adversaires. Nous avons fait le match que nous souhaitions faire avec beaucoup de justesse, d'envie, et de détermination.
On a le sentiment que sur ce match, c'est l'aboutissement de ce que vous avez voulu mettre en place depuis votre arrivée...
C'est vrai. Là, je crois que l'état d'esprit était à la hauteur par rapport à l'exigence de performance. C'est ce que je répète souvent aux joueurs. Ensuite, il y a eu du jeu de qualité et nous avons su prendre les risques au bon moment. Au final, on réussit à atteindre le challenge que nous nous étions fixé. On finit avec 58 points, c'est mieux que l'an passé.
Quel bilan global tirez-vous après cinq mois à la tête de l'équipe ?
Je pense que mon message est passé. On a reposé les règles de bases dans le groupe et les règles au niveau du jeu. Dans le foot, il y a deux parties : celle où l'on a le ballon, et celle où il faut le reconquérir. Même au Barça, il faut récupérer le ballon ! Ensuite, il a fallu trouver l'équilibre de l'équipe.
Le repositionnement de Mickaël Pagis a été le choix le plus important ?
Cela a été important, c'est sûr, mais il ne faut pas seulement voir ce choix par le prisme du spectateur. Car il a fallu que les autres joueurs s'adaptent. Et donc de faire des choix pour trouver la meilleure formule pour être le plus performant. Et que tout le monde arbore un véritable esprit de compétiteur avant que le plaisir en découle. Bien sûr, il y a eu le sacrifice de certains joueurs. Et c'est toujours difficile pour un entraîneur de faire des choix parmi 28 joueurs.
Estimez-vous qu'il y a un tournant dans la saison, un match clé ?
Oui, très nettement. Je pense particulièrement au match contre Lorient à domicile. À ce moment-là de la saison, nous sommes 17e. Pour mémoire, à ce moment-là, le PSG, Lens et Toulouse sont devant nous ! C'était vraiment le match de la peur. En gagnant cette rencontre, on s'est vraiment mis dans le bon sens. Il aura donc fallu six ou sept matches pour que la mayonnaise prenne.
Comment expliquez-vous cette durée assez longue finalement ?
Je pense que les joueurs n'ont pas saisi tout de suite le caractère d'urgence de la situation. Il faut reconnaître que le club avait aussi fait beaucoup d'efforts pour ne pas dramatiser la situation. Or la situation était très compliquée et même plus qu'il n'y paraissait de l'extérieur.
Quelles ont été les plus grosses difficultés pour vous à votre arrivée ?
Redonner un état d'esprit conquérant au groupe qui était dans le doute. Retrouver une unité autour d'un projet commun.
Avez-vous des regrets sur les choix que vous avez effectués ?
Je regrette que la mayonnaise n'ait pas pris plus vite. Je regrette aussi que certaines personnes aient casqué tant au niveau du staff que des joueurs.
Pour autant, vos choix vous donnent raison...
Tout cela est très relatif. Car en foot, il ne faut jamais négliger la notion d'adversité. Vous pouvez très bien faire les bons choix mais sans la réussite car votre adversaire est tout simplement plus fort.
En décembre, vous vous êtes engagés pour 18 mois avec le Stade Rennais. Il vous reste donc un an de contrat. Allez-vous prolonger ?
La balle est dans le camp des dirigeants. Ce n'est pas moi qui vais demander à prolonger mais c'est à eux de savoir s'ils veulent continuer avec moi ou pas. Ce que je sais, c'est que le Stade Rennais est un bon club et qu'il y a quelque chose à faire ici. Aurais-je la possibilité de le faire ? On verra...
Concernant le recrutement avez-vous déjà défini des axes précis ?
C'est encore un peu tôt. Tout cela va se décanter dans les prochains jours. Ce que je peux dire c'est que si l'on conserve l'effectif actuel, il faut recruter deux ou trois joueurs pour franchir un nouveau palier. Maintenant, il y a le sportif mais aussi le volet économique du club et donc il faut tout étudier.
Recueilli par Nicolas CARNEC.