L'OEil Électrique, la belle aventure s'achève
Katel Chantreau, Stéphane Corcoral et Kate Fletcher ont tous participé à l'aventure de L'OEil Électrique.
La structure éditoriale s'est professionnalisée, perdant l'esprit associatif des débuts. Salariés et bénévoles préfèrent donc tourner la page.
C'est fini. L'association rennaise L'OEil Électrique sera dissoute à la fin de l'année, après onze ans d'existence. « On est allé au bout de l'aventure, affirme Stéphane Corcoral, cofondateur de L'OEil Électrique avec Kate Fletcher, en novembre 1997. Tout le monde est plutôt serein par rapport à cette décision. Il n'y a pas de nostalgie. »
Tout de même. L'OEil Électrique a marqué le paysage culturel rennais, avec ses publications originales et exigeantes. D'abord sous forme d'un magazine, à diffusion nationale, très remarqué ; puis sous forme de livres, à partir de février 2007, quand l'association s'est transformée en collectif d'édition.
Pourquoi arrêter ? « Parce qu'on n'est plus dans la logique associative des débuts, explique Stéphane Corcoral. L'OEil Électrique est en principe un projet collectif et participatif. Or aujourd'hui, tout ou presque repose sur les épaules des quatre salariées. Les bénévoles ne parviennent plus à s'impliquer autant qu'avant. La structure éditoriale s'est professionnalisée, ce sont les salariées qui « cristallisent » les compétences. Résultat, c'est compliqué pour des personnes extérieures de participer aux projets. »
Les salariés et bénévoles composant la direction éditoriale se sont réunis en juin 2007 pour prendre cette décision ensemble. « On a dû se rendre à l'évidence : sans l'impulsion des salariés, L'OEil Électrique Éditions, ça ne marcherait pas... C'était plus simple d'impliquer les gens avant, quand on était un magazine. » L'association ne veut pas se muer en entreprise. « On préfère préserver la pureté » de notre identité associative. On fait donc le choix d'arrêter et chacun repart sur d'autres projets. Bref, c'est un choix politique, pas économique. »
Une foire aux livres
Il a fallu terminer les ouvrages en cours et laisser le temps aux quatre salariées de se retourner. Kate Fletcher, par exemple, s'occupe d'une nouvelle structure éditoriale, Maison Rouge Books. En tout, L'OEil Électrique a publié une quinzaine d'ouvrages : de la BD avec D'Algérie de Morvandiau, de la photo avec Pékin 1966 ou Au Lycée, des livres collectifs au ton décalé, comme Moche de France ou l'encyclopédie Le corps humain, des témoignages avec Exils ou El Maghreb...
Mercredi, L'OEil Électrique organise une foire aux livres, place Hoche, de 10 h à 19 h. Les ouvrages seront vendus à prix réduit, des auteurs seront présents pour dédicacer leurs ouvrages.
« Cette aventure nous a apporté à tous de grandes satisfactions, conclut Stéphane Corcoral. Surtout les rencontres. Avec des gens comme Morvandiau, par exemple. On a publié de belles choses, de qualité, avec une vraie exigence. On a montré que c'était possible. »
Corinne BOURBEILLON.
Pratique. Foire aux livres de L'OEil Électrique, mercredi 14 mai, de 10 h à 19 h, place Hoche. Renseignements : 09 54 92 09 40 (www.oeil-electrique.org).
Ouest-France