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Falk Negrazuf. Falk Negrazuf est Allemand et vit en France depuis plus de 2 ans, il raconte sa rencontre avec la langue bretonne : « C'est en voyant flotter le drapeau breton lors des manifestations que j'ai souhaité en savoir plus. Comme je me suis senti immédiatement à l'aise dans cette région, j'ai voulu mieux connaître les gens, et donc leur culture et leur langue. »
Dans les régions où existent de fortes revendications indépendantistes, l'affinité pour le breton s'explique souvent par une sorte de solidarité régionaliste.
Un exercice cérébral
Lourdes Casals Cervos, Catalane et assistante d'espagnol au lycée de Bréguigny, a cherché des cours de breton dès son arrivée à Rennes : « On m'a traité de folle ! » s'insurge-t-elle. « Je souhaitais apprendre le breton parce que c'est une langue très minorisée. » Pragmatique, la jeune fille a aussi cherché à conjuguer opinions politiques et ambition professionnelle : « J'espère être professeur de français en Espagne et j'aimerais enseigner à mes élèves la culture française, mais également ses particularités, telles que ses langues régionales. »
La passion des langues et la passion de la culture celtiques sont également de puissants leitmotivs. Car même s'il leur faut d'abord apprendre le français, ces étrangers n'en sont pas moins décidés à parler « brezhoneg ».
Susan Bell est Écossaise et titulaire d'une licence de littératures et langue gaéliques. Elle raconte ses premiers déboires : « Il y a trois ans, en vacances en Bretagne, j'ai suivi un stage de breton à l'université de Rennes 2. Le jeudi soir, je croyais que je ne pourrais plus jamais démêler le breton du français. Et le gaélique qui me revenait sans cesse en tête ! Mais pour moi apprendre une langue est un loisir. Cela demande concentration et réflexion et fait travailler les méninges. »
La culture celtique, sous toutes ses formes, a littéralement envoûté Dimitri Boekhorn. Ce Néerlandais, âgé de 30 ans, vit en France depuis 9 ans. Il donne des cours de civilisations celtiques et bretonnes et enseigne le breton à l'université. Dimitri Boekhorn a soutenu sa thèse sur le bestiaire celtique le 26 juin et propose des leçons de harpe et de flûte au cercle celtique, à Rennes.
« Je n'imagine pas enseigner la harpe celtique sans connaître la civilisation qui en jouait, sa culture et sa langue. Finalement, je me considère plus breton que la majorité des Bretons » estime-t-il.
Les élèves étrangers les plus friands de langue bretonne sont néanmoins japonais et russes. Léna Louarn, directrice de l'école Skol an Emsav, à Rennes, confirme cet état de fait et explique l'intérêt des Japonais pour le breton : « Il existe à Tokyo une section de celtique. Au bout de deux ans, ces étudiants effectuent un voyage, dans un pays de langue celtique. »
Lorène MORVAN.