Wiltord, joker du FC Nantes ?
Rod Fanni en équipe de France !Yoan Gouffran n'a toujours pas compris la raison du geste de Fabio Grosso. L'explication à cette claque que l'Italien lui a infligée à la mi-temps dans le couloir de Gerland, le week-end dernier. Le défenseur lyonnais s'est-il senti impuissant devant la forme étincelante affichée en première période par Gouffran ? « Franchement, de la part d'un champion du monde, ce n'est pas terrible, explique le plus calmement du monde Gouffran. Moi, je ne suis pas du genre à chercher des embrouilles, il n'y avait pas eu un mot, pas même un accrochage entre nous. Il vient me mettre cette claque dans le cou et essaye de partir. Je l'accroche et deux vigiles viennent nous séparer. Heureusement le quatrième arbitre avait vu ce qui s'était passé ».
Le stupide geste de l'Italien aurait pu mettre Lyon - mené et réduit à dix à la reprise - dans la panade à trois matchs du terme du championnat. Mais Caen n'a pas réussi à maintenir la pression, a manqué un coup retentissant à Gerland. « On les a laissés se révolter », constate, lucide, Gouffran, homme du match côté normand. Auteur surtout d'une première mi-temps de feu, dans un schéma général nouveau où il tournait autour de Compan.
Décision à tête reposée
Gouffran, adepte de l'arme fatale chez le leader du championnat : la passe en retrait. Deux fois, cela a fait mouche à Gerland. Buteur au Mans et contre Paris, Gouffran est en pleine bourre. Le jeune homme, outre « un mieux de l'équipe, des terrains plus agréables, la confiance retrouvée avec un but contre Monaco », a une autre explication. Celle issue d'une longue discussion avec Jean-Marc Branger, le préparateur physique normand, sur sa constance (ou inconstance) durant 90 minutes. « J'avais des entames de match très mauvaises et on s'est dit qu'en me mettant de suite dans le rouge, ce serait peut-être mieux. Je ne désirais pas y aller à fond d'entrée et c'est ce que je fais maintenant. Et en fait, je récupère mieux de mes efforts comme ça ».
Il récupère mieux et finit sa saison en trombe. 9 buts, 7 passes décisives, l'international Espoirs était attendu, il a réussi son apprentissage L1. Gouffran veut maintenant passer à l'étape suivante : « Une saison pour apprendre c'est suffisant, j'aurais 22 ans dans un mois, je dois maintenant franchir un cap », admet Yoan Gouffran.
Évidemment, il a noté l'apparition de jeunes éléments chez les A', voire chez les A, des camarades qui évoluaient avec lui chez les Espoirs. « Ça donne encore plus envie de se défoncer car oui, la sélection j'y pense ».
Où Yoan Gouffran entend-il franchir ce cap ? Aujourd'hui, le jeune homme se veut modéré dans le discours, refroidi par l'épisode estivo-hivernal PSG. Et Gouffran n'exclut rien : « L'important maintenant est de réfléchir à ma progression. Je ferai mon choix en fonction du club qui me permettra de progresser le plus. Je ne dis pas que ce sera à Caen, mais je ne dis pas non plus que ce ne sera pas à Caen, tout dépendra du projet ». Gouffran y réfléchira « la saison terminée, à tête reposée, après avoir pris du recul ».
David GUEZENNEC.