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Quelque deux mille adeptes des bals musettes se sont retrouvés hier au MusikHALL sur les 400 mètres carrés de parquet aménagés. A peine quelques notes d'accordéon lancées à 14 h 30 par Michel Pruvot et voilà la piste assaillie par les danseurs. Sur scène, devant un décor peint rappelant les bords de Marne, le musicien interpelle les guincheurs, les fait chanter, taper des mains. Ils sont quelque deux mille cet après-midi à s'être déplacés de tout le grand Ouest pour écouter et danser sur le meilleur de la musette.
C'est la plus grande Guinguette du monde. Vraiment ? « Oui, parce que lorsqu'on l'a créé il y a cinq ans ce genre de rendez-vous n'existait pas, raconte André Musette (de son vrai nom !). A l'époque, il y avait des bals populaires qui étaient classés de « ringards ». Nous estimions que l'accordéon méritait mieux que ça. Nous avons alors conçu un vrai décor, des éclairages, et acheté une vraie piste de danse qui est agréée pour les concours internationaux de danse de salon. Elle fait 800 mètres carrés, mais ici nous n'en installons que la moitié. »
Les danseurs semblent en raffoler. Comme Emilie, alerte sexagénaire originaire du Morbihan. Chaque semaine, elle écume les bals de la région. Et pourtant là, elle a bien failli rater cette grande guinguette. « Je ne savais pas qu'il y avait ça, je devais aller à la Foire... Du coup, j'ai changé d'avis. Mon mari est allé tout seul, il va me rejoindre tout à l'heure ! »
Juste quelques mots échangés, après des pas de country, avant le départ d'une autre danse, le temps de désigner du doigt des musiciens qu'elle connaît au gré des bals qu'elle fréquente, et elle repart fissa à la recherche d'un cavalier.
Dans les gradins, certains préfèrent, assis, se laisser emporter par les musettes et chanter. D'autres reviennent souffler toutes les deux ou trois danses. A chacun sa façon de vivre le bal. On reconnaît aussi ceux qui ne veulent pas en perdre une miette. Beaucoup sont sur leur 31, hommes en bras de chemise, femmes en jupe longue volante et chemisier fleuri ou pailleté.
Michel Pruvot a quitté la scène. L'accordéoniste Louis Ledrich le remplace en attendant l'entracte. En attendant aussi le grand André Verchuren qui fête ici ses 80 ans de scène. « C'est exprès pour le voir que l'on est venu de Mayenne », confient en souriant deux dames préservant leurs forces en bord piste. Et il le faut bien, pour pouvoir tenir les quatre heures de danse...
Janik Le CAÏNEC.
Photos : Marc OLLIVIER.
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