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« Jeunesse et sport » a organisé une démonstration tennis de table, hier matin, à la prison des femmes et dans l'après-midi à la maison d'arrêt de Saint-Malo. Des détenues ont pu jouer en toute simplicité avec des champions de la discipline. Dominique (*) y va sans hésiter. Elle serre la raquette dans sa main droite et se positionne. D'habitude, elle affronte le moniteur de sport ou les filles inscrites à l'activité tennis de table. Hier, c'est avec Jacques Secretin qu'elle a tapé la balle. Le champion d'Europe (en 1976) et de France (à 17 reprises) a passé la matinée au gymnase de la prison des femmes de Rennes.
Après une démonstration en compagnie de Cindy Ouamba, joueuse de nationale 1 à Dinan, le pongiste invite celles qui le souhaitent à sa table. Les filles regardent Dominique, alerte et déterminée, face à un sportif, sympa et détendu. « Ça me fait un bien fou, décrit-elle. En tout, j'ai le droit à six heures de sport par semaine. Je me suis inscrite au ping-pong, à la musculation, au hockey et au step. Grâce à ces efforts, je dors mieux. »
Entre ces moments de sport, son travail d'auxiliaire de vie à la maison d'arrêt, la bibliothèque - « j'adore lire », dit-elle - et les autres activités, Dominique trouve le temps moins long. Et l'enfermement moins rude.
Une autre femme prend sa place face à Jacques Secretin. D'entrée de jeu, l'homme rigole et taquine son adversaire. La jeune détenue, hilare, lui répond du tac au tac, et se défoule dans la bonne humeur. « Ça fait du bien de s'apercevoir qu'on s'intéresse à nous, et de voir de nouvelles têtes. Des gens sans uniforme et sans clé », confie Alice (*).
Après une énième partie, le pongiste explique sa démarche : « Depuis huit ans, je vais de centrale en maison d'arrêt pour transmettre ma passion du sport. J'essaie de donner confiance à mes adversaires, de les faire sourire et de leur parler tout simplement... » Cette expérience lui a appris « qu'on peut tous disjoncter, et se retrouver un jour entre quatre murs ».
Des sorties VTT
Pour l'administration pénitentiaire, le sport s'inscrit « dans le parcours de réinsertion » des détenues. Ainsi, en lien avec Jeunesse et sports, sept fédérations sportives d'Ille-et-Vilaine interviennent régulièrement en prison. Des sorties, encadrées et sous surveillance, ont parfois lieu dehors. Comme des journées VTT sur un site de randonnée de la Fédération de cyclo tourisme. Les participantes doivent obtenir une permission de sortie du juge pour profiter de ces rares instants de liberté.
Actuellement, le centre pénitentiaire de Rennes, la plus grande prison pour femmes en France, ne connaît pas la surpopulation d'autres établissements. Elle compte 273 détenues dont 217 condamnées à de longues peines.
Nathalie FLOCHLAY.
(*) Prénom d'emprunt