Des budgets serrés, des vacances différentes
Les terrasses du centre-ville sont combles. Beaucoup de Rennais ne sont toujours pas partis en vacances.
À Rennes comme ailleurs, le pouvoir d'achat estival se restreint. Un casse-tête qui explique la foule encore très présente dans le centre-ville.
Le mercure approche les 25 degrés, le soleil brille franchement et aucun nuage ne vient troubler un magnifique ciel azur. Les lunettes de soleil, les bermudas et autres débardeurs sont de sortie. Dans les rues de Rennes, de nombreux vacanciers profitent de la chaleur. Les sandales battent le pavé des ruelles du centre-ville. Les terrasses des cafés sont animées et remplies de juillettistes au teint hâlé, qui viennent y siroter sodas ou bières fraîches.
Une foule estivale bien inhabituelle pour un mois de juillet. Pouvoir d'achat en berne, prix du carburant au plus haut, la conjoncture économique ne favorise pas les départs en vacances et oblige donc certains citadins à rester en ville, pendant leurs congés. « Il fut un temps où quand on travaillait, on gagnait sa vie, regrette Daniel, 45 ans. Cette année je ne peux pas partir. Avant je partais trois semaines en Vendée ou dans le Sud, désormais je n'arrive pas à me dégager un budget vacances. »
« Le voyage c'est sacré »
Pour ceux qui partent, modifier ses habitudes de voyage constitue une solution de plus en plus utilisée pour faire face à des finances restreintes. « D'habitude on va sur le littoral atlantique, mais cette année on part en famille dans les Alpes, car les locations sont beaucoup moins chères », explique Chantal, la quarantaine.
De plus en plus de vacanciers courent après les « bons plans ». « On a cherché et réussi à trouver un séjour avec 30 % de réduction », se réjouit Chantal. Voyager hors vacances scolaires représente également un avantage pour s'évader à moindre frais. « Je pars en mai tant que ma petite fille n'a pas l'âge d'aller à l'école. En juillet ou en août, ce ne serait pas abordable. J'ai ainsi pu partir sur la Côte d'Azur en location », indique Karine, jeune maman. Beaucoup d'astuces sont utilisées, dans ce contexte difficile. Partir en vacances reste en effet une priorité pour les Rennais. « Le voyage, c'est sacré. Je vais en Algérie tous les ans, c'est vrai que le trajet est passé de 350 € à 600 € en quelques années, mais je fais tout pour partir », explique Ahmed.
Une priorité qui justifie quelques sacrifices. « On fait attention aux petites choses toute l'année, on restreint au niveau des vêtements par exemple. Cela permet de partir », révèle Sylvie, 40 ans. « Là, j'ai regardé des chaussures mais je ne les achète pas. Je préfère garder mon argent pour les voyages. Les vacances c'est primordial », sourit Claudine, jeune retraitée.
Julien SELLIER.
Ouest-France