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Originaire de Châteaubourg, Pascale Jeuland s'entraîne depuis septembre au pôle France de poursuite basé à Talence près de Bordeaux et a rejoint la structure professionnelle de Vienne Futuroscope. : Ouest-France ArchivesChampionne de France sur piste dès 16 ans, médaillée au championnat d'Europe sur piste à 18 ans, lauréate de la coupe de France sur route et championne de Bretagne du chrono à 20 ans, Pascale Jeuland accumule les médailles et continue son ascension. Âgée aujourd'hui d'à peine 21 ans, la reine du vélo est qualifiée aux Jeux Olympiques de Pékin. Un nouvel espoir national qui a grandi à Châteaubourg et fait ses premiers tours de piste au cyclo-club vitréen.
« Dans la famille, tout le monde fait du vélo. Mon père, mon frère, ma soeur, mon cousin, et même ma mère est impliquée dans le milieu du cyclisme. Elle tenait le poste de secrétaire du club où était mon père. Aujourd'hui, je ne sais pas trop ce que j'aime dans ce sport. Mais ça fait partie de moi. Si je n'en fais pas pendant trois jours, je me sens mal, je deviens insupportable... » Et à trois mois des JO, comment se sent-elle ? « Sereine. » Car reconnue.
« C'est très dur, confie t-elle. Dans le cyclisme féminin, on a un statut d'amateur, on ne perçoit aucun revenu. On est assez marginalisé. J'ai quelques fois des coups de blues et l'envie d'arrêter. Alors préparer les JO, ça remotive. C'est un truc énorme. » Pour s'entraîner dans des conditions optimales, Pascale Jeuland a intégré en septembre le pôle France de poursuite basé à Talence, près de Bordeaux et a rejoint l'équipe de Vienne Futuroscope, mais reste inscrite à l'Étoile Cycliste Rennes. « Même si ce n'est pas dans mon caractère de changer de club, je le fais pour mettre toutes les chances de mon côté », dit-elle, en s'excusant presque.
Cette réussite sportive n'est pas le fruit du hasard. La cycliste bretonne a fait des choix et des sacrifices. « Après mon BEP sanitaire et social, mes professeurs m'ont conseillé d'intégrer une classe de première pour passer mon bac et faire une école d'infirmière. J'ai dit non et décidé de suivre une formation d'un an pour obtenir le diplôme d'aide-soignante. Personne n'a compris. Mais moi j'avais déjà tout calculé. » Des études courtes pour pourvoir se consacrer davantage à sa passion. « Depuis septembre, je ne fais plus que ça. Du vélo, 15 à 20 heures par semaine. »
Pour renforcer son entraînement, Pascale Jeuland partira en juillet effectuer un stage sur piste à Hyères, dans le Var. Et à Pékin, que vise t-elle ? « Je ne suis pas suffisamment mûre pour une médaille. Mais dans une course, il n'y a pas que la performance physique. Il y a aussi la chance, la stratégie. Je peux réussir à prendre une bonne place. »
Camille SARRET.