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Mathieu Crédou et Caroline Ollivro sont désormais membres du Conseil national du MoDem. Le MoDem, jeune parti né notamment sur les cendres de l'UDF, s'évertue à se positionner sur l'échiquier politique français. Ses nouveaux adhérents viennent d'horizons divers. Du coup, la stratégie manque parfois de clarté. On l'a vu lors des dernières municipales avec des accords à géométrie variable, sauf à Rennes où le choix de l'autonomie a été proclamé d'entrée et tenu jusqu'au bout. Il n'empêche que beaucoup d'anciens de l'UDF ne se retrouvent pas dans le nouveau parti créé par François Bayrou. Ce centre «très centre» trouble une partie de cet électorat dont la fibre penche légèrement à droite.
Certains l'ont récemment fait savoir sur le plan local et n'ont pas hésité à rejoindre le Nouveau Centre, parti présidé par Hervé Morin dont les statuts ont été adoptés le week-end dernier à Nîmes. C'est le cas notamment du député de Fougères-Liffré Thierry Benoît ou encore de la conseillère régionale Alix de la Brestesche. En suivant le même chemin, l'ex-membre de l'UMP et ancien de l'UDF, Loïck Le Brun a, lui aussi, profité de l'instant pour égratigner les choix de François Bayrou.
« Qu'ils s'en aillent »
Des critiques qui ont fini par agacer Caroline Ollivro, conseillère municipale MoDem à Rennes qui vient d'intégrer le Conseil national du parti en compagnie de Pierre-Yves Martin, ancien candidat aux législatives à Vitré, Grégoire Le Blond (maire de Chantepie) et Mathieu Crédou, ex-directeur de la campagne d'Ollivro. « Si l'UDF est parti intégrante du MoDem, il faut cesser d'en parler en tant qu'entité, explique l'élue rennaise. Dans deux ans, on ne parlera d'ailleurs plus que du MoDem. Quand je lis que des personnes rejoignent le Nouveau Centre car le MoDem est mort, c'est tout le contraire. Le nombre d'adhérents ne cesse d'augmenter. Des sympathisants qui viennent de tous les horizons : de droite, de gauche, des écologistes, des gens de la société civile... Tous unis par le refus de la bipolarisation de la vie politique. Tous se sentent très bien au MoDem. Ceux qui ne s'y reconnaissent plus ont raison de nous quitter. »
Pour Caroline Ollivro, il faut arrêter de comparer le MoDem avec l'UDF historique, « l'ex-allié traditionnel de la droite. Les Français veulent un centre réellement indépendant. Les alliances ne vont pas dans le sens d'un renouveau de la politique. L'UDF, c'est fini. Moi, je suis au MoDem. »
Les ratés ou humeurs qui naissent ici ou là ne sont, pour Caroline Ollivro, qu'un passage nécessaire pour un « parti qui est jeune et qui travaille. Tout se met en place. Après les statuts, un règlement va être adopté. Ce qui va clarifier notre stratégie. Le flou tend à disparaître. Aujourd'hui, la ligne de fond du mouvement démocrate, c'est l'autonomie. Et Rennes est souvent cité en exemple par les instances nationales. Lorsque l'on avance clairement, le MoDem a une vraie existence. Les scores obtenus aux municipales ont été bons car les gens ne nous connaissaient pas encore beaucoup. Ils vont apprendre à découvrir notre vision et notre sensibilité. Notre démarche est courageuse, on prend des coups. Mais on s'y attendait à partir du moment où on apporte quelque chose de différent. »
La présidence de Philippe Nogrix en danger ?
Prochaine étape pour le MoDem, les élections dans toutes les fédérations avant l'été. En Ille-et-Vilaine, elle est tenue par le sénateur Philippe Nogrix qui avait surpris Caroline Ollivro en soutenant Hervé Lejeune, candidat de l'UMP, à Cesson-Sévigné, ou encore en lançant récemment un appel au rassemblement de tous les centristes, même ceux issus de la majorité présidentielle. « On verra comment les adhérents souhaitent être dirigés dans l'avenir au niveau départemental... »
En attendant, Caroline Ollivro se concentre sur ses fonctions de chef du groupe MoDem (trois membres) au conseil municipal de Rennes. « On veut être constructifs. On a mis en place un mini «Shadow Cabinet» avec une personne par thématique pour pouvoir bien travailler les dossiers et faire des propositions. Fin juin, on va organiser un grand pique-nique ouvert aux Rennais pour qu'ils nous connaissent encore mieux. On construit un mouvement pour gouverner un jour. »
Édouard REIS-CARONA.