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Mais, d'où sortent ces gentils géants ? Ils se cachent dans le parc du Thabor. Dans « Arm », Mireille et Mathieu font de l'humour trash avec Kent et sa Barbie, totalement nus, un nourrisson-iroquois à crête verte, alias Johnny Pourri, qui fait des bras d'honneur au public. Faut-il éloigner les enfants d'un spectacle aussi dégradant ? Absolument pas.
Ils sont au premier rang, pliés en deux. Car, la force du couple de marionnettistes belges est d'imaginer des saynètes, qui n'ont rien de gentillet, ni de très moral, sans risquer de choquer qui que ce soit.
Mireille et Mathieu sont aussi des as du comique de répétition : ils sont capables de raconter l'histoire du matador, étouffé et piétiné, sous les jupes de la danseuse de flamenco, à trois, voire quatre reprises devant une salle morte de rire...
Ce recyclage de l'esprit punk dans l'art de la marionnette est plutôt inattendu.
Au moins autant que la présence des deux géants, d'un âge certain, lâchés dans le parc du Thabor, à proximité du chapiteau où le bébé punk fait son show.
Les pavés comme tapis de danse
On sait combien le bouche à oreille est primordial dans la réussite d'un festival. Au-dessus de l'Enfer, toujours au Thabor, il est carrément à la base de « A la corde », étonnant dispositif où le public fait lui-même le spectacle, en s'asseyant pour former une longue chaîne. Une corde, où sont accrochés divers objets, passe de main en main. Et c'est toute une histoire qui défile, chacun en murmurant une phrase à l'oreille de son voisin, au passage d'un nouvel objet, souvent astucieusement bricolé, parfois conçu comme une petite oeuvre d'art. Les aventures d'Odilon, que l'on prend à sa naissance, et de sa chérie Céline sont souvent drôles, parfois touchantes. « Ah non, ce n'est pas Odilon qui est mort ? » s'inquiète une dame en milieu de chaîne, en apercevant un petit personnage pendu, lui arrivant droit dans les mains. Non, madame. C'est son voisin de cellule. Ouf ! C'est qu'on finit par s'y attacher à cet Odilon. Il refait son apparition, ce samedi au Thabor à 15 h 30, puis au jardin du Papier Timbré (accès par l'escalier de la rue du Puits Mauger) à 20 h 30.
A 20 h, ce soir, place de la Mairie, c'est aussi la dernière représentation de « Trajets de ville » par la compagnie marseillaise Ex Nihilo et ses danseurs qui roulent, chutent, s'envolent sur les pavés comme s'il s'agissait d'un tapis de danse.
Benoit LE BRETON.