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Les enseignants du public mais aussi du privé ont constitué le gros du cortège. : Philippe RenaultLe mécontentement est là, mais les modes d'action s'épuisent. « On défile, on perd une journée de salaire... Et après ? Personne nous écoute. Tout passe... Regardez les OGM... », lance Fabienne Depeige, directrice de la maternelle Duchesse-Anne à Rennes. Certains pointent du doigt les syndicats « pas assez offensifs. » Eux se défendent : « Quand on fait des rassemblements le mercredi après-midi, vous avez vu combien nous sommes ? Les AG d'après manif, il n'y a pas foule non plus. »
Suppression de postes, nouveaux programmes, manque de remplaçants, appels aux retraités, semaines de classe raccourcies, heures supplémentaires... Pourtant, les sujets de crispation ne manquent pas. Et la grève a été suivie à 37 % dans les écoles, 49 % dans les collèges, 30 % dans les lycées du public, 10 % dans le privé. « On compte sur notre bonne volonté. Comment imaginer que des projets perdurent ? », lancent des enseignants du collège du Chêne-Vert de Bain-de-Bretagne. Les parents sont là comme Hélène et Céline, d'Acigné : « Tout est tourné vers les économies. »
Les écoles privées aussi
Remarqués, les enseignants du privé rarement aussi présents. « On nous parle de consultation sur les nouveaux programmes alors que des éditeurs ont déjà sorti les livres ! C'est bidon. On s'est investi sur des programmes très intéressants il y a quelques années. Là, on balaye tout. Les élèves vont devoir emmagasiner. Les bons élèves, eux, s'en sortiront », analyse Yane, de l'école Marcel Callo, de Rennes. « Nous sommes dans la désorganisation, le précipité, le bâclé » insiste Marie-Christine Guichoux du Vieux-Cours à Rennes. Des enseignants ont prévu de monter dimanche à Paris. Pour le 1er degré, une AG est organisée mercredi 21 à 14 h à la maison de quartier de Villejean à Rennes.
Une manifestation à laquelle participaient aussi des facteurs, des employés des impôts, des hospitaliers... « Nous aussi nous sommes touchés par les mesures de restructuration du gouvernement », assure François, facteur arborant le badge de la CGT. « La question est de savoir ce que nous voulons comme service public pour demain ? Une question qui mérite un vrai débat national et non pas des coupes brutales dans les effectifs. »
Reste que les fonctionnaires, hors éducation, n'étaient pas si nombreux que ça à défiler. « Peut-être à cause de la prochaine grande manif du 22 mai prochain », susurre un manifestant, un peu déçu de la fréquentation. « Pourtant, pour contrer Sarkozy, il faut que l'on fasse parler la rue. »
Agnès LE MORVAN et Samuel NOHRA