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Annabel, 27 ans, faisait partie des « 58 » jugés à Chartres début juin. Au départ, Annabel voulait devenir illustratrice de bande dessinée, puis elle a ressenti ce besoin de « retour à la nature et aux choses simples ». Le choix de l'apiculture n'est pas anodin. « Aujourd'hui, les abeilles souffrent des traitements toxiques. De plus, ce sont des facteurs de contamination entre les cultures puisqu'elles transportent les pollens en butinant. » L'écologie, un combat de longue date. « J'ai grandi à côté d'une centrale alors j'ai commencé par des actions antinucléaires. » Manifestations, collage d'affiches, avec une préférence pour les actions plus concrètes comme les occupations de pylône.
Un stage de désobéissance civile dans la poche, Annabel n'a donc pas hésité quand l'opération de fauchage en Normandie s'est organisée. Même les CRS, déjà sur la parcelle à l'arrivée des faucheurs, ne l'ont pas fait reculer. « Je pense qu'une fois la décision prise, on a compris les risques encourus. On savait à quoi s'attendre. » Malgré tout, la garde à vue est une expérience particulière. « On m'a demandé mes lacets et ma ceinture, comme un bandit ou un criminel ! »
Au coeur du débat national
Annabel plaide coupable. « Revendiquer notre acte, c'est la manière la plus efficace d'arriver à notre but. Nous ne voulons pas laisser pousser les cultures transgéniques. C'est aussi un moyen de se faire entendre. » La médiatisation est effectivement au rendez-vous.
Annabel s'est trouvée, avec les 57 autres faucheurs au coeur du débat national sur les OGM. Un procès reporté pour cause de Grenelle, le rejet de la loi sur les OGM à l'assemblée en mai dernier et au final la relaxe fin juin.
« Pour moi un débat politique est né. Et je suis convaincue, au regard des soutiens que nous avons reçus, de l'opposition de beaucoup des Français aux cultures OGM. » Des collectifs de solidarité ont « porté » les 58 et devraient les suivre jusqu'au procès en appel. « Avec la relaxe nous avons gagné une bataille, mais nous avons une véritable guerre à remporter... Pacifiquement j'entends ! » Alors, pas de doute, si c'était à refaire « j'y repars ! ».