« Permis de conduire ! Plus dur que le bac »
Des leçons onéreuses, des délais de passage aux examens de plus en plus longs, des examinateurs jugés difficiles... L'obtention du permis de conduire devient un vrai parcours du combattant. : archives Philippe Renault
Recalé une fois, deux fois, trois fois... Passer son permis de conduire est une vraie galère. Long et très onéreux en prime ! Témoignages.
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« J'ai été recalée soi-disant parce que j'ai failli écraser un écureuil alors que je roulais en campagne ! » Marion a 20 ans. Une étudiante rennaise, comme tant d'autres, qui a absolument besoin d'avoir son permis de conduire. « Notamment pour trouver du travail. Même au Mc Do, pour être en cuisine, ils demandent le permis de conduire. » Sauf que son permis, elle a un mal de chien à l'avoir. Déjà deux essais infructueux pour une cinquantaine d'heures de conduite et plus de 2 000 € sortis du portefeuille. « La seconde fois, je suis tombée sur une inspectrice qui a tout fait pour me mettre mal à l'aise. Même pas un bonjour quand on se présente. Et j'ai été recalée... »
Retour à l'auto-école pour fixer une nouvelle date de passage. « J'ai pété un plomb. Ils étaient incapables de me dire quand est-ce que je pouvais le passer. » De l'incompréhension d'autant que Marion a 4 000 km au compteur en conduite accompagnée. « Sans jamais le moindre accident ou problème. Je pense que je sais conduire. »
Un cas isolé ? Très loin de là. Si la majorité des jeunes arrivent à décrocher leur bac ou autre examen du premier coup, c'est loin d'être le cas pour le permis de conduire. Une vraie galère avec des mois d'attente entre les examens. La moyenne actuellement serait entre 5 et 6 mois d'attente. « Et la quasi-obligation de reprendre des cours à 34 € l'heure. » Dur pour le moral et encore plus dur pour le porte-monnaie. Une ruine.
Charlotte, elle aussi 20 ans, habite à Noyal-Chatillon et étudie à Ker-Lann. « En bus, le trajet me prend 1 h 30. En voiture, 12 minutes. » Son permis, elle vient enfin de le décrocher. Un an et demi après avoir passé son code et 2 500 € de sortis ! « Le problème des examinateurs c'est qu'ils ne sont pas tous aimables. On se demande s'ils ne jugent pas à la tête du client ou suivant leur humeur. Ils ont tous les pouvoirs et je trouve que certains en abusent. » Comme ses amies, elle a ses anecdotes, ses incompréhensions. « L'examen du permis devrait comporter une partie de contrôle continu avec les appréciations des moniteurs. Je crois qu'au bout de 50 heures de conduite, on sait conduire. »
Un avis partagé par Jessica, 20 ans, qui a absolument besoin de son permis pour travailler. Elle s'est inscrite en 2005 en conduite accompagnée et a déjà échoué plusieurs fois. « Je roulais à 70 km/h en campagne au lieu de 90. L'inspectrice estimait que je n'avais pas confiance en moi. » Retour à l'auto-école, repasser des heures de cours, attendre une nouvelle date d'examen, « qui ne tombe pas au milieu des vacances ou à un moment où on n'est pas là. » Comme le sentiment d'être pris en otage. « Et encore, mes parents m'ont aidée. Mais comment font les jeunes qui n'ont pas d'aide ? On s'étonne après que certains soient tentés de rouler sans permis. »
Samuel NOHRA.
Ouest-France