Wiltord dit non à NantesIl en est aussi un grand défenseur et confirme que le SV Hambourg renaît de ses cendres.
Pour un peu, il apparaîtrait sur le plateau de l'Équipe du dimanche en culotte de peau, une choppe de bière à la main. Folklore oblige ! Pourtant, Jean-Charles Sabattier, chroniqueur à Canal +, ne déteste rien autant que les clichés et les préjugés véhiculés sur le football allemand. Tous les dimanches soirs, sur la chaîne cryptée, il prouve qu'il est en France un des grands spécialistes de la Bundesliga, qu'il suit depuis près de 10 ans, maintenant.
« CULTURE SPORT ALLEMANDE. » Quand on lui demande ce qui différencie le football en France et en Allemagne, Jean-Charles Sabattier n'hésite pas longtemps : « L'engouement ». En Allemagne, quel que soit le sport, « les gens ont la culture sport » estime-t-il. « C'est valable en football, en hockey sur glace, en handball... C'est un phénomène sociétal, on se retrouve au club. Si un match se joue à 15 h 30, on déplace celui des jeunes à 13 h 30 et, après, tout le monde va au stade ensemble. » Et ainsi, le Bayern Munich attire à chaque match 69 000 spectateurs, Hambourg, 57 000, Dortmund, plus de 60 000... « La moyenne d'affluence dépasse les 40 000. Dans les stades, il y a de la couleur, de l'envie », constate-t-il.
Pour autant, pas question pour Jean-Charles Sabattier de rentrer dans un débat sur le niveau comparé des championnats allemand et français. « Je trouve ça débile. De prime abord, il y a, en France, un mépris de la base pour le foot allemand. Par exemple, jamais on entend un commentateur citer la Bundesliga parmi les meilleurs championnats européens. Pourtant, il mérite un grand intérêt. Au moins autant que celui d'Angleterre, avec lequel on peut, à la limite, le comparer. »
« HAMBOURG, UN GRAND NOM DU FOOT. » Dans ce grand championnat européen, le SV Hambourg est, de l'avis de Jean-Charles Sabattier, « un grand nom du football allemand ». Le seul club à n'être jamais descendu en division inférieure depuis la création de la Bundesliga en 1962. « C'est un club multisports, qui compte, près de 100 000 adhérents ! » Un chiffre « kolossal ». Si le Hambourg SV a quelque peu disparu des palmarès ces dernières années, il compte quand même dans son armoire à trophées une coupe d'Europe des clubs champions (1983) décrochée en battant la Juventus.
L'an passé, pendant la première partie de saison, le club était au plus mal et, avec 11 points à la trêve, était promis à sa première relégation, malgré un budget de 70 millions d'euros. « Pas un observateur n'aurait parié sur un sauvetage ». Et pourtant, les coéquipiers de Vand der Vaart ont fini par décrocher une place en intertoto ! « Hubb Stevens, l'entraîneur, qui a pris la relève en février, a fait un super-travail. Du coup, cette saison il y a une solidarité très forte autour de lui. C'est en partie pour cette raison que Hambourg marche fort cette saison. »
Malgré une bonne douzaine d'internationaux retenus en sélections en milieu de semaine, les Hambourgeois se sont imposés ce week-end (2-0 contre Rostock). « L'objectif du club, cette saison, est de se qualifier pour la Ligue des champions et de s'installer à nouveau dans le gotha européen ».
« RENNES A SA CHANCE ». Malgré le portrait dithyrambique qu'il dresse du football allemand, et de Hambourg, Jean-Charles Sabattier croit néanmoins que Rennes a un coup à jouer. « Les clubs français ne réussissent pas aux Allemands ces dernières années. Lyon l'a montré contre le Bayern et contre Brême. Je pense que la culture tactique française les gêne beaucoup, et ils ne savent pas toujours s'y prendre ».
Jacques GUYADER.